Pôle emploi peine à récupérer les «trop-perçus» des chômeurs indemnisés

EMPLOI Au 1er semestre 2016, 1,05 million d'indus ont été notifiés, contre 898.000 sur la même période en 2015...

20 Minutes avec AFP

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Une demandeuse d'emploi à Pole Emploi à  Marseille,  24 février 2015.
Une demandeuse d'emploi à Pole Emploi à Marseille, 24 février 2015. — (AP Photo/Claude Paris)

« 49 millions d’euros par an. » C’est la somme qui correspond aux allocations versées de manière indue à certains chômeurs de Pôle emploi. Selon une note de l’Unédic publiée ce mardi, l’opérateur public récupère de plus en plus difficilement ces allocations-chômage versées à tort. L’Unédic observe par ailleurs une chute du taux de recouvrement depuis deux ans.

En juin dernier, Pôle emploi a recouvré 60,4 % des indus « hors fraude », contre 66,4 % en juin 2014, selon les données mises en ligne par le gestionnaire de l’assurance chômage. La cible est fixée à 66 %.

Un groupe de travail pour « identifier » les causes

L’Unédic a « demandé à Pôle emploi l’installation d’un groupe de travail » pour « identifier les causes de la dégradation continue du recouvrement des indus, ainsi que des pistes d’amélioration ». Cette détérioration s’inscrit dans un « contexte d’augmentation des indus constatés », notamment du fait de la dématérialisation des « attestations employeurs » qui a permis « une meilleure détection ».

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Au 1er semestre 2016, 1,05 million d’indus ont été notifiés, contre 898.000 sur la même période en 2015, soit une hausse de 16,5 %. Cela a représenté 457,54 millions d’euros, un montant en hausse de 13,6 %. Les indus représentaient, entre janvier et juin, 2,86 % des quelque 16 milliards d’euros de dépenses d’indemnisation.

Par ailleurs, selon l’Unédic, la dégradation du taux de recouvrement aurait été « amplifiée » par la censure en octobre 2015 d’une mesure de la convention d’assurance chômage qui fixait les modalités de récupération des sommes versées par erreur aux allocataires. Le Conseil d’Etat avait estimé que ces règles ne devaient pas être décidées par les partenaires sociaux, mais par la loi. La loi Travail a, depuis, « sécurisé » la procédure, mais a « allongé significativement le délai de recouvrement », selon l’Unédic.