Rentrée scolaire en collège. Rentrée scolaire au collège du pré gauchet, prés du quartier d affaire euronantes. NANTES, le 02/09/2010. Professeur, cartable.
Rentrée scolaire en collège. Rentrée scolaire au collège du pré gauchet, prés du quartier d affaire euronantes. NANTES, le 02/09/2010. Professeur, cartable. — FABRICE ELSNER / 20 MINUTES

EDUCATION

Comment donner envie de devenir prof... en cinq leçons

Le Conseil national de l’évaluation du système scolaire (Cnesco) a rendu ce lundi ses préconisations pour créer des vocations dans l'Education nationale…

Mais non, le métier de prof n’est pas devenu un repoussoir. Comme le montre un rapport du Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) rendu public ce lundi, il n’y a pas de pénurie globale d’enseignants en France, mais des problèmes de recrutement  dans certaines disciplines (mathématiques, lettres, anglais) et dans certaines académies (Créteil ou Versailles, par exemple). Des solutions existent d’ailleurs pour renforcer l’attractivité du métier selon le Cnesco, dont certaines ont été mises en œuvre avec brio dans d’autres pays. 20 Minutes a sélectionné les cinq leviers d’action les plus intéressants.

1) Arrêter le stop and go des recrutements

« Lorsqu’on regarde les statistiques, quand le nombre de postes aux concours d’enseignants augmente, le nombre de candidats progresse aussi », indique Marc Gurgand, directeur de recherche en économie de l’éducation au CNRS. Ce qui prouve que les étudiants s’orientent plus volontiers vers les métiers de l’enseignement quand ils sont sûrs qu’il y aura des débouchés pour eux. Logique. Or, à chaque alternance politique, la donne change en matière d’embauches, envoyant des signaux contradictoires aux étudiants.

Pour que le vivier des candidats ne se tarisse, « il faudrait que les politiques de recrutements s’inscrivent dans la durée, en prenant en compte les besoins d’enseignants en fonction de l’évolution démographique des élèves dans les années à venir. Il faudrait ensuite publier des indicateurs bi-annuels sur les futures ouvertures de postes d’enseignants », suggère Nathalie Mons, la présidente du Cnesco.

2) Attirer d’autres profils de candidats

Objectif : étoffer le vivier de futurs profs. Certes, « l’Education nationale recrute de plus en plus d’anciens salariés du privé et du public (ils représentaient 8,4 % des profs en 2005 et 14,9 % en 2015) », souligne Marc Gurgand. Mais il faudrait encore davantage leur ouvrir les portes du métier selon le Cnesco, notamment en créant pour eux une formation à distance afin de les aider à passer les concours de l’enseignement. Ce système existe déjà aux Etats-Unis et a porté ses fruits.

Mais ce n’est pas tout : il faudrait aussi prendre en compte leur expérience professionnelle dans leur rémunération (car actuellement, elle n’est reconnue que pour les profs des lycées professionnels). La fidélisation des contractuels est aussi une piste à explorer. Et pourquoi ne pas susciter des vocations chez les élèves des classes prépas, notamment scientifiques, qui voudraient se réorienter ?, suggère le Cnesco.

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3) Mieux accompagner les jeunes profs à leurs débuts

Un bon moyen de lever certaines appréhensions chez ceux qui redouteraient ce métier en raison du démarrage professionnel, qui est souvent difficile. « Si destuteurs existent déjà pour les profs stagiaires, il faut mieux accompagner les néotitulaires en leur proposant un mentorat pendant leurs deux premières années d’exercice », affirme Nathalie Mons. L’expérience menée en Ecosse est instructive sur ce point : les néotitulaires y ont des décharges horaires de cours afin de pouvoir participer à des séminaires de formation, rencontrer leur tuteur, travailler sur différentes approches pédagogiques…

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4) Mieux rémunérer certains jeunes profs

Certes, des revalorisations salariales ont été effectuées lors de ce quinquennat pour les profs. Mais les jeunes profs qui sont souvent amenés à quitter leur région, subissent de plein fouet la cherté des logements lorsqu’ils sont affectés ailleurs, notamment en Ile-de-France. « Des incitations financières doivent donc être proposées pour les néotitulaires qui sont affectés sur les territoires les moins attractifs », indique Nathalie Mons. C’est ce que fait d’ailleurs le Royaume-Uni où les jeunes profs exerçant dans une discipline pénurique, obtiennent une prime d’installation renforcée.

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5) Diversifier les évolutions de carrière

Souvent lorsqu’on vieillit, on souhaite changer de mission, ce qui est rarement possible dans l’Education nationale. « Il faudrait par exemple, développer les activités de mentorat, pour permettre à des enseignants à partir de 58 ans d’obtenir des décharges horaires de cours pour former leurs collègues », suggère Nathalie Mons. Et développer les missions spécifiques pour eux (projet en langues étrangères, mission numérique….) L’exemple de Singapour est intéressant sur ce sujet, car le pays a multiplié les possibilités d’évolution, vers des postes d’enseignants « chefs spécialistes », des postes plus axés vers la recherche… De quoi s’inspirer !