Pédophilie dans l’Eglise: En six mois, 90 victimes de prêtres se sont manifestées

INFO «20 MINUTES» Les 120 évêques de France se réunissent, ce lundi à Lourdes (Hautes-Pyrénées) pour un moment de pénitence et de prière pour les victimes de pédophilie…

Vincent Vanthighem
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Lourdes (Hautes-Pyrénées), le 15 août 2016. Le cardinal de Lyon, Philippe Barbarin.
Lourdes (Hautes-Pyrénées), le 15 août 2016. Le cardinal de Lyon, Philippe Barbarin. — PASCAL PAVANI / AFP

Une messe pour « le pardon des pêchés ». Un  en guise de déjeuner. Et des   durant lesquelles « résonnera la parole des victimes ».   doivent, à la demande du  , consacrer leur journée de lundi à la pénitence et à la prière  .

Un cérémonial qui fait suite à des mois de , particulièrement dans le diocèse de Lyon (Rhône) où le cardinal Barbarin a été accusé d’avoir « couvert » les agissements de plusieurs prêtres pédophiles. « Il y a six mois, l’Eglise demandait de prier pour Barbarin. Aujourd’hui, elle demande de prier pour les victimes, se félicite Bertrand Virieux, lui-même abusé durant son enfant et cofondateur de l’association de victimes La Parole libérée. Les choses évoluent. »


Des « mesures conservatoires » à l’encontre de « quelques » religieux

L’Eglise doit d’ailleurs profiter de cette assemblée pour faire « un point d’étape » . Selon nos informations, environ 90 victimes se sont manifestées par le biais de la boîte email* ouverte il y a six mois. La grande majorité d’entre eux -parfois sous couvert d’anonymat- y ont relaté des faits d’abus anciens, voire très anciens, certains remontant même aux années 1940.

« La plupart de ces faits étaient déjà connus et judiciarisés, assure . Mais nous avons eu quelques révélations. » Pour chacune d’entre elle, un signalement a été fait à la justice. L’Eglise assure aussi avoir pris des « mesures conservatoires » à l’encontre de « quelques » religieux, sans toutefois accepter d’en dévoiler le nombre précis.

« On peut difficilement être pédophile dans l’Eglise aujourd’hui »

Psychologues, prêtres, associations : si les intervenants varient d’un endroit à l’autre, . « Même si les faits d’abus sont déjà connus, les victimes ont besoin de parler et surtout d’avoir le sentiment d’être écoutées », résume le père Laurent Berthout qui s’occupe de la cellule de  . « Il a fallu se battre pendant dix ans mais je pense que l’on peut difficilement être pédophile dans l’Eglise aujourd’hui », admet Bertrand Virieux.

* paroledevictimes@cef.fr