Najat Vallaud-Belkacem s'attaque au cyber-harcèlement

EDUCATION Le mot d'ordre, sensibilisation...

20 Minutes avec AFP

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La ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem
La ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem — ALAIN JOCARD / AFP

« Internet n’est pas une zone de non-droit ». Le cyber-harcèlement, qui se manifeste par des insultes ou moqueries à répétition reçues par des élèves sur les réseaux sociaux, est un délit, qui peut être poursuivi en justice, a réaffirmé jeudi Najat Vallaud-Belkacem. « Avoir une journée nationale pendant laquelle on communique beaucoup », avec notamment un clip sur les chaînes de télévision, « permet de sensibiliser tout le monde », a estimé la ministre de l’Éducation nationale, lors d’un déplacement à la cité scolaire François-Villon à Paris, à l’occasion de la seconde journée de lutte contre ce fléau.

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Un mal qui « ne s’arrête jamais »

Le cyber-harcèlement, thème de cette année, « ne s’arrête jamais », a relevé la ministre. « Toutes lumières éteintes le soir », l’enfant « continue à recevoir des messages d’une violence inouïe, qui blessent et qui parfois tuent ». « Les enfants doivent être éduqués aux usages de numérique pour éviter de croire que sous prétexte d’anonymat, on peut écrire tout et n’importe quoi » et « des sanctions doivent tomber », a-t-elle dit.

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Face à des critiques de l’opposition estimant que sa politique s’éloigne de la mission de l’école, elle a rétorqué : « Ne pensez-vous pas que c’est précisément en travaillant sur un bon climat scolaire, sur le respect entre élèves, qu’on installe les conditions propices aux apprentissages des fondamentaux ? »

Sensibilisation

La ministre a assisté à une séance de sensibilisation au harcèlement auprès d’une classe de 6e de François-Villon, conduite par une enseignante de français et l’assistant de prévention et de sécurité (APS) de l’établissement. Les collégiens ont proposé des mots caractérisant la victime, l’agresseur ou les témoins, puis les deux adultes les ont aidés à affiner la définition du harcèlement.

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« Il ne faut pas que ça prenne de l’ampleur, il faut le dire tout de suite à quelqu’un », leur a dit l’enseignante. L’APS a interrogé les élèves sur le concept de « balance », auquel il a opposé celui de « solidarité avec ses camarades ». La ministre s’est également rendue dans les locaux parisiens du réseau social Facebook, où des élèves du lycée Salvador-Allende de Béthune (Pas-de-Calais), lauréats du prix « Non au harcèlement 2016 », devaient imaginer des vidéos pour sensibiliser les jeunes sur le thème « réfléchissez avant de partager ».

Facebook a été le premier réseau social à donner à l’association e-enfance, qui gère le numéro vert Net Écoute 0800 200 000, un « contact privilégié » pour que l’association lui signale des cas graves de cyber-harcèlement, permettant de retirer des contenus, a indiqué la présidente d’e-enfance, Justine Atlan.