VIDEO. Omar Raddad : La justice va donner l’ordre d’arrêter l’homme dont l’ADN a été retrouvé récemment

ENQUETE Les experts ont retrouvé une trace ADN qui pourrait faire rebondir l’enquête sur le meurtre de Ghislaine Marchal, vingt-cinq ans après…

Vincent Vantighem

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Paris, le 17 octobre 2002. Omar Raddad a été reconnu coupable du meurtre de Ghislaine Marchal.
Paris, le 17 octobre 2002. Omar Raddad a été reconnu coupable du meurtre de Ghislaine Marchal. — MARTIN BUREAU / AFP

« Le meilleur moyen d’en avoir le cœur net, c’est encore d’aller gratter à l’intérieur de la joue de l’intéressé [à l’aide d’un coton-tige] », confie une source proche de l’enquête. Selon nos informations, Jean-Michel Prêtre, le procureur de Nice (Alpes-Maritimes) devrait donner, mercredi ou jeudi, l’instruction à la gendarmerie nationale de localiser et d’interpeller l’homme dont le nom est apparu, dernièrement, dans l’enquête sur le meurtre de Ghislaine Marchal, commis en juin 1991 à Mougins.

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Le 20 octobre, 20 Minutes révélait qu’une correspondance avait été établie entre un ADN découvert tardivement sur les pièces à conviction du crime et un individu figurant au Fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg). De quoi redonner espoir à Omar Raddad – reconnu coupable de ce meurtre – de faire établir son innocence, vingt-cinq ans après les faits.

L’avocate d’Omar Raddad : « J’ai peur qu’il n’ait déjà pris la fuite »

A ceci près qu’un doute subsiste toujours sur la fameuse correspondance. « Je suis incapable de dire scientifiquement à 100 % si l’homme dont on a retrouvé l’ADN sur les pièces à conviction est bien celui qui figure dans le Fnaeg. Il me manque des éléments, explique à 20 Minutes Olivier Pascal, directeur de l’Institut français des empreintes génétiques chargé des expertises dans ce dossier. J’ai donc sollicité l’arrestation de cet individu pour qu’on prélève directement son ADN afin d’effectuer la comparaison. »

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Encore faut-il parvenir à le retrouver. « Il faut déjà commencer par s’assurer qu’il existe bien », avance Jean-Michel Prêtre. Avec plus de 2,5 millions de profils génétiques différents au compteur, le Fnaeg peut très bien comporter quelques fautes de frappe et fausses identités. Sans parler du risque que l’individu en question ne soit aujourd’hui décédé. Mais ce n’est pas ce qui inquiète le plus Sylvie Noachovitch, l’avocate d’Omar Raddad. « Si cet homme a vraiment quelque chose à se reprocher, j’ai surtout peur qu’il n’ait déjà pris la fuite. »

Le procureur de la République de Nice Jean-Michel Prêtre
Le procureur de la République de Nice Jean-Michel Prêtre - F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

Un nom qui ne colle pas avec celui des protagonistes du dossier

Une éventualité à laquelle le procureur de Nice ne préfère pas penser. « L’enquête n’en est encore qu’au début, assure-t-il. Attendons déjà d’en savoir plus sur cet individu. » De fait, les informations à son sujet sont minces. A peine sait-on que son nom ne figure pas dans la liste des protagonistes connus de ce volumineux dossier.

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Outre le prélèvement de son ADN, le procureur entend, logiquement, demander aux gendarmes de procéder à son audition dès qu’ils parviendront à le retrouver. Peut-être décryptera-t-il spontanément la fameuse inscription en lettres de sang « Omar m’a tuer » qui a fait couler tant d’encre depuis 1991. « Nous irons jusqu’au bout », assure Jean-Michel Prêtre. Omar Raddad n’attend que ça.

Image extraite du film «Omar m'a tuer» de Roschdy Zem, en 2011.
Image extraite du film «Omar m'a tuer» de Roschdy Zem, en 2011. - Capture du film