Forcené abattu par des policiers à Echirolles: «C'est une bavure», la famille réagit

REACTIONS La famille dénonce une bavure...

L.B. avec AFP

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La rue où le forcené a été abattu par la police à Echirolles le 29 octobre 2016
La rue où le forcené a été abattu par la police à Echirolles le 29 octobre 2016 — JEAN PIERRE CLATOT / AFP

Bavure ou légitime défense ? Un forcené de 51 ans a été abattu par les forces de l’ordre, vendredi soir, à Echirolles (Isère) et cinq policiers ont été placés en garde à vue et relâchés dans l'après-midi, dans un contexte de fortes tensions entre policiers, magistrats et gouvernement. Le fils de l’homme abattu, décrit plus tôt comme « excité » et soupçonné d’avoir trop bu, fait le portrait « d’un bon père de famille », d'« un homme sans histoires » auprès du Dauphiné Libéré.

Absente lors du drame, la famille de ce père de quatre enfants, carrossier dans les Transports en commun grenoblois (TAG), n’a pu regagner la maison familiale qu’en début de matinée. « A ma connaissance, il n’avait pas d’arme à la maison. C’était un bon vivant, il aimait rire et partager et nous n’avions jamais entendu parler de conflit de voisinage en ce qui le concerne », affirme-t-il, indiquant par ailleurs qu’il s’apprête à porter plainte.

« Que justice soit faite ! »

Selon son fils, « ils ne lui ont laissé aucune chance. La police lui a dit qu’ils « auraient tenté de le maîtriser avec un taser mais cela n’aurait pas marché ». Et de s’interroger sur la nécessité de tirer à cinq reprises au lieu de lui « tirer dans les jambes ».

Même son de cloche du côté de la veuve. « Pour moi, c’est une grosse bavure (…) Cinq balles ! Ils auraient pu le blesser au lieu de le tuer directement. Ce n’était pas un homme méchant ; comment cela peut être permis de tuer les gens comme ça (…) Que justice soit faite ! Je suis en colère, je leur en veux », a déclaré samedi sa veuve, Coralie,au micro de RTL.

« Il y a des témoins »

Pour les syndicats de police la « légitime défense » ne fait « aucun doute » : « Lorsque collectivement, cinq policiers, qui sont face à un individu dangereux, tirent en même temps, c’est qu’ils n’ont aucun doute sur le fait qu’il va faire usage de son arme et qu’il va tirer sur l’un d’entre eux », a déclaré Daniel Chomette, secrétaire général du syndicat SGP police-FO.

« C’est de l’ordre d’une fraction de seconde. Les policiers sont dans un état de stress et de vigilance absolue dans ces situations. La légitime défense était proportionnée et simultanée, en riposte », a ajouté le syndicaliste. « Il y a des témoins. Nous sommes confiants ».