Islamisme radical: Une association d'aide aux détenus musulmans dans le viseur de l'Etat

PRISONS Une procédure a été lancée à l'encontre de Sanabil...

N.Beu. avec AFP

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La grille d'une prison. Illustration.
La grille d'une prison. Illustration. — Witt-Sipa

Sanabil dans le viseur des autorités. Une procédure de dissolution a été lancée à l’encontre de cette association d’aide aux détenus musulmans et à leurs familles, pour ses liens présumés avec l’islamisme radical, ont indiqué vendredi des sources au sein des services de renseignement, confirmant une information du Parisien.

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Le nom de cette association, créée en 2010 et basée en Seine-et-Marne, est apparu dans « de nombreux dossiers terroristes », a-t-on appris de mêmes sources. Son président, assigné à résidence depuis le 23 novembre 2015, est une « figure historique de la mouvance djihadiste française », selon Le Parisien.

Kouachi, Coulibaly et Amimour

D’après le quotidien, cet informaticien de Torcy (Seine-et-Marne) a lié amitié avec les frères Clain, devenus depuis des figures de Daesh en Syrie. Il a aussi été administrateur d’Ansar al-Haqq, un forum Internet francophone promouvant le djihad fréquenté par Djamel Beghal, l’un des mentors des frères Kouachi, ou encore Samy Amimour, l’un des assaillants du Bataclan. Un titre qu’il partageait alors avec  Mourad Hamyd, beau-frère de Chérif Kouachi, arrêté en juillet alors qu’il se rendait en Syrie ou en Irak.

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Le Parisien assure également qu' Amedy Coulibaly, le tueur de l’Hyper Cacher, a participé à l’un des pique-niques annuels de l’organisation, tandis que Mehdi Nemmouche, le terroriste du Musée juif de Bruxelles, fait partie des correspondants épistolaires de Sanabil, depuis la cellule où il est enfermé.

Avoir gelés

Les avoirs de Sanabil ont déjà été gelés, poussant l’association à lancer vendredi matin via sa page Facebook une collecte de timbres et d’enveloppes afin d’être en mesure de prévenir quelque 740 détenus en France et à l’étranger de la situation dans laquelle elle se trouve.

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« Nous est reproché, entre autres, le fait de venir en aide à un certain profil de détenus ainsi qu’à leurs proches », affirme l’association dans un autre message. « Cette décision est bien évidemment injuste car Sanabil ne s’est jamais préoccupé des raisons d’incarcération (…). Par Allah, notre intention fut seulement de faire modestement le bien, de répondre à l’appel de frères et sœurs dans le besoin », poursuit-elle.

Parmi ses actions, détaillées sur son site Internet, Sanabil évoque la correspondance avec les détenus, l’envoi de calendriers d’horaires de prières, de livres ou encore d’argent pour les plus pauvres.