Démantèlement de la «Jungle» de Calais: 2.318 migrants ont été «mis à l’abri»

MIGRATION Quatre cents mineurs ont été « orientés au centre d’accueil provisoire »...

20 Minutes avec AFP

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Plus de 1.000 migrants évacués de la «jungle» de Calais le 24 octobre 2016.
Plus de 1.000 migrants évacués de la «jungle» de Calais le 24 octobre 2016. — AFP

Au premier jour de l’opération d’évacuation de la « jungle » de Calais, 2.318 migrants ont été « mis à l’abri », a annoncé lundi soir le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.

Sur ce total, « 1.918 majeurs ont quitté Calais à bord de 45 bus pour rejoindre 80 centres d’accueil et d’orientation (CAO) situés dans onze régions de France », a affirmé le ministre dans une déclaration à la presse. Quatre cents mineurs ont pour leur part été « orientés au centre d’accueil provisoire », situé sur le campement, dans l’attente de l’instruction de leur dossier.

Certains mineurs accueillis au Royaume-Uni

Pomme de discorde avec Londres, le dossier des mineurs isolés semblait d’autre part en voie de solution. Le Royaume-Uni accueillera « tous les mineurs isolés » de la « jungle » de Calais « dont les attaches familiales en Grande-Bretagne sont établies », a affirmé Bernard Cazeneuve.

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De plus, « les autorités britanniques se sont engagées à étudier également les dossiers de mineurs non accompagnés qui n’ont pas de liens familiaux mais dont l’intérêt supérieur serait de rejoindre ce pays », a détaillé le ministre. Depuis la signature des accords d’Amiens en mars, près de 300 mineurs ont pu gagner le Royaume-Uni, « dont 200 la semaine dernière », a-t-il précisé. Par ailleurs, les Britanniques verseront une nouvelle aide financière de « plus de 40 millions d’euros pour Calais », a-t-il affirmé.

Présente aux côtés de Bernard Cazeneuve, la ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, a dénoncé « les quelques éléments de violences » commis contre des centres qui doivent accueillir les migrants et a « appelé à la responsabilité et à un apaisement général ». « Ces comportements sont absolument inadmissibles », a affirmé la ministre.

Plusieurs centres d’accueil et d’orientation (CAO), destinés à accueillir les migrants évacués de Calais ont été visés ces derniers jours par des actes de vandalisme. Des centres situés à Loubeyrat (Puy-de-Dôme), Arès (Gironde) et Forges-les-Bains (Essonne) ont notamment été la cible d’incendies volontaires. A Saint-Brévin (Loire-Atlantique), des coups de feu ont été tirés sur les locaux.

L’opération va se poursuivre

Pour faire le point sur ce premier jour, alors que l’opération doit durer une semaine, François Hollande s’est rendu au ministère de l’Intérieur, à deux pas de l’Elysée, a appris l’AFP auprès de la présidence de la République.

Le chef de l’Etat a quitté la place Beauvau vers 19h30 après 40 minutes d’entretiens dans la salle de la cellule de crise du ministère, a-t-on précisé de même source.

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Bernard Cazeneuve et Emmanuelle Cosse ont fait le point sur la conduite des opérations lors de cette réunion à laquelle ont participé aussi les principaux responsables de la police et de la gendarmerie ainsi que la préfète du Pas-de-Calais Fabienne Buccio, par visio-conférence.

Dès mardi, le démantèlement du camp prendra un tour éminemment symbolique, avec l’entrée des premières pelles mécaniques pour débarrasser déchets et abris de fortune autour du CAP, et éliminer progressivement toute trace de « la tache » de Calais. Mais il ne faut pas s’attendre à voir des bulldozers, souligne-t-on à la préfecture du Pas-de-Calais.