Calais: La campagne d'information des migrants sur le démantèlement de la «Jungle» a commencé

MIGRANTS Écrits en plusieurs langues, des flyers indiquent notamment comment se rendre au hangar situé à quelque 300 m du campement, d’où partiront lundi les cars à destination de plusieurs centres d’accueil et d’orientation en France…

20 Minutes avec AFP

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Vue aérienne de la «Jungle» de Calais
Vue aérienne de la «Jungle» de Calais — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Les services de l’État ont commencé ce dimanche après-midi à informer officiellement les migrants de la « Jungle » deCalais de l’imminence de son démantèlement, qui doit débuter lundi matin, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Des représentants de plusieurs de ces services se sont rendus dans le centre d’accueil provisoire (CAP), des conteneurs installés au milieu de la « Jungle », pour préciser les modalités de cette énorme opération, qui doit vider le campement de ces 6.400 à 8.100 habitants, selon les comptages.

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Distribution de flyers

Vendredi, l’arrêté d’expulsion de la préfecture avait déjà été placardé dans plusieurs points du camp. Mais ce dimanche, l’information s’est intensifiée avec la distribution de flyers aux migrants. Écrits en plusieurs langues, ces flyers indiquent notamment comment se rendre au hangar situé à quelque 300 m du campement, d’où partiront lundi les cars à destination de plusieurs centres d’accueil et d’orientation (CAO) en France.

Les migrants doivent se rendre dès 8 h 00 lundi devant ce hangar, un sas qui sera ouvert tous les jours de 8 h 00 à 20 h 00. À l’extérieur seront organisées quatre files d’attente bien identifiées : pour les majeurs, pour les mineurs sans famille, pour les familles et pour les personnes vulnérables (malades, femmes enceintes…).

Les migrants recevaient également des bandes dessinées expliquant le dispositif des CAO.

« Se tenir prêts pour demain »

Cette distribution, qui doit durer toute l’après-midi, était effectuée par des membres de la Direction départementale de la cohésion sociale (DDCS), de la Vie active, association mandatée par l’État pour gérer le centre d’accueil provisoire (CAP) et le centre d’accueil Jules-Ferry, et de l’Audasse, autre structure soutenue par l’État.

« On leur dit que le départ, c’est demain à partir de 8 h 00 », indique un salarié d’Audasse. « On leur confirme qu’il faut se tenir prêts pour demain », ajoute Serge Szarzyncki, directeur de la cohésion départementale.

Iacub, un Soudanais de 20 ans, assure qu’il est au courant : « J’y serai a 7 h 00 » dit-il. Karhazi, un Afghan, lui, ne veut pas partir. « On le sait tout ça. Il faudra nous forcer pour partir. Nous on veut aller en Grande-Bretagne. Pourquoi n’y a-t-il rien de prévu pour les majeurs ? », lance-t-il.