Migrants: La préfecture de l'Hérault cherche à «apaiser la situation» dans une commune cévenole

POLEMIQUE Notamment sur le nombre de migrants prévus, qui était le point qui cristallisait les tensions, selon une source préfectorale...

B.D. avec AFP

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Un avis d'évacuation de la jungle de Calais, le 21 octobre 2016.
Un avis d'évacuation de la jungle de Calais, le 21 octobre 2016. — DENIS CHARLET / AFP

La préfecture de l’Hérault a entrepris ce samedi des discussions pour « apaiser la situation » dans la petite commune de Saint-Bauzille-de-Putois, dont le maire avait annoncé vendredi sa démission pour protester contre l’arrivée de 87 migrants, a-t-elle indiqué.

« Des négociations sont en cours sur le nombre de migrants prévus, qui était le point qui cristallisait les tensions », a-t-on indiqué de source préfectorale. « Mais le maire a toujours dit que sa commune était une terre d’accueil ». Le préfet du département Pierre Pouëssel souhaite « apaiser la situation », a ajouté la même source.

Crainte de « troubles à l’ordre public »

Michel Issert, le maire de Saint-Bauzille-de-Putois (Hérault) avait annoncé vendredi sa démission pour protester contre la décision de l’Etat d’héberger prochainement 87 migrants dans cette petite commune cévenole de 1.800 habitants. Depuis le 12 octobre, le maire sans étiquette de cette commune, située à 40 km au nord de Montpellier, refuse cette décision qui lui a été annoncée selon lui « sans aucune concertation préalable » et constitue « un camouflet aux fonctions des élus », a-t-il notamment écrit dans un courrier à la préfecture, assurant craindre « des troubles à l’ordre public ».

Il estime « inadmissible » que sa commune soit chargée d’accueillir 87 migrants - de jeunes majeurs célibataires - sur un total de 207 migrants qui doivent être envoyés prochainement au total dans l’Hérault. L’annonce de sa démission, faite vendredi lors d’une inauguration, était intervenue au lendemain de la visite du préfet de l’Hérault Pierre Pouëssel dans la petite localité. Ce dernier avait notamment été accueilli par des pancartes « 87, c’est trop ! ».

Un Centre d’accueil et d’orientation (CAO) doit être installé pour une durée de neuf mois dans les locaux du centre de pleine nature des Lutins cévenols et sera géré par l’association SOS Solidarités. Aucune date n’a été fixée pour l’arrivée des migrants qui devrait intervenir « dans quelques semaines ».