La colère des policiers se déplace dans les tribunaux

SOCIAL Les syndicats de police, qui réclamaient d’être reçus par François Hollande, ont obtenu gain de cause...

C. A. avec AFP
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Des policiers ont manifesté à Lyon le 20 octobre 2016
Des policiers ont manifesté à Lyon le 20 octobre 2016 — JEFF PACHOUD / AFP

Appels à des rassemblements devant les palais de justice, réunion la semaine prochaine avec François Hollande... Les policiers en colère, rejoints par les magistrats, mettent le gouvernement sur la défensive.

Après plusieurs nuits de , les policiers ont obtenu des gages qui n’ont toutefois pas réussi à faire retomber la colère.

Première victoire pour les policiers, qui vont être reçus par Hollande

Les syndicats, qui réclamaient d’être reçus par François Hollande, ont obtenu gain de cause. En marge d’un sommet européen, le président de la République a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi qu’il les recevrait « en début de semaine ». Les syndicats comptent « exposer en urgence les préoccupations et attentes des agents », expliquent-ils dans une lettre adressée à .

Ils ont également appelé à des « rassemblements silencieux devant les palais de justice » tous les mardis de 13h00 à 13h30, pour demander la « révision du cadre juridique d’emploi des armes » afin d’assouplir les règles de la légitime défense et la « mise en place de peines plancher pour les agresseurs de membres des forces de l’ordre et services de secours », créées sous la droite et abrogées sous François Hollande.

Urvoas répond aux policiers et provoque la colère des magistrats

Face à cette colère policière, le ministre de la Justice , accusé par le syndicat de la magistrature de se comporter en « ministre de la police », a promis « la plus grande fermeté » pour les agresseurs et refusé de rétablir les peines planchers. Les critiques des policiers contre la justice relèvent d’un « manque d’informations » a-t-il estimé Urvoas, qui s’est engagé à les informer des suites judiciaires de leurs enquêtes et des statistiques pénales. Ce que n’a pas apprécié le Syndicat de la magistrature, qui s’estime trahi.

« Le ministre reprend ainsi à son compte le discours simpliste et accusateur sur le prétendu laxisme de la justice, oubliant de mentionner, par exemple, que chaque année le nombre de personnes condamnées pour outrage et rébellion - plus de 15 000, souvent en comparution immédiate - dépasse largement le nombre de personnes qui le sont pour des délits économiques et financiers ou que la durée moyenne d’incarcération n’a cessé d’augmenter au cours des dernières années. Où est le laxisme ? », interroge le syndicat.



Face à une grogne qui fait tache d’huile, tout le gouvernement a tenté ces derniers jours d’endiguer le mouvement. Jeudi, Manuel Valls a notamment exhorté les policiers à « continuer le dialogue », le gouvernement condamnant par ailleurs l'« utilisation politique » du mouvement par l’opposition.