Reims: Une musulmane amoureuse d'un catholique frappée par ses cousines

RELIGION Le parquet a requis, ce jeudi, trois mois de prison avec sursis et la réalisation d’un stage de citoyenneté...

20 Minutes avec agences

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Google Maps de Reims
Google Maps de Reims — GOOGLE / Capture d'écran

Deux jeunes femmes ont comparu devant le tribunal correctionnel de Reims, ce jeudi, pour « violence commise en réunion ». Elles sont soupçonnées d’avoir frappé leur cousine musulmane alors en couple avec un catholique.

Plusieurs ecchymoses au visage

Le parquet, qui a requis trois mois de prison avec sursis et la réalisation d’un stage de citoyenneté, a tenu à recentrer les débats sur des « éléments objectifs » sans verser dans « le choc des civilisations ».

La victime, une infirmière de 22 ans, a dit être menacée en raison de son histoire depuis trois ans avec un jeune catholique. Le 25 janvier 2016, ses deux cousines s’en étaient pris violemment à elle, lui marquant le visage d’ecchymoses.

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Les cousines auraient demandé au conjoint de se convertir à l’islam

La jeune fille explique la raison du conflit : « Je ne voulais pas revenir chez mes parents, je voulais rester avec mon conjoint ». La plaignante a ajouté que ses cousines avaient demandé à son conjoint de se convertir à l’islam.

Les prévenues, intégrées « tout ce qu’il faut » dans la société, selon leur avocat Me Daouda Diop, se sont défendues en expliquant que leur cousine, qu’elles considéraient « comme une sœur », était devenue hystérique et qu’il fallait la « protéger d’elle-même ».

« Un conflit familial qui oppose un père à sa fille »

La victime avait également mis en cause son père devant les enquêteurs, expliquant que durant la bagarre, joint au téléphone par ses cousines, il avait proféré des menaces de mort en arabe à son encontre. « Ma fille est une manipulatrice, quand on la voit on lui confierait le bon Dieu sans confession, mais elle est pleine de mensonges », s’est défendu le père, à l’issue de l’audience.

Le père a été mis hors de cause par le parquet qui n’a décidé de poursuivre que les deux cousines, au casier judiciaire vierge. « Nous ne sommes dans aucun dilemme culturel, encore moins dans une guerre de religion, mais dans un conflit familial qui oppose un père à sa fille », a tenté d’apaiser Me Diop. Le jugement a été mis en délibéré au 17 novembre.