«Ras-le-bol» des policiers: Hollande va recevoir les syndicats en «début de semaine»

DIALOGUE Des centaines ont encore manifesté jeudi soir partout en France…

20 Minutes avec AFP

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Une centaine de policiers réunis au Vieux-Port de Marseille, le 19 octobre 2016.
Une centaine de policiers réunis au Vieux-Port de Marseille, le 19 octobre 2016. — BORIS HORVAT / AFP

Eteindre l’incendie. François Hollande a annoncé vendredi qu’il recevrait les organisations professionnelles de policiers en « début de semaine » alors que des centaines d’entre eux ont encore manifesté jeudi soir à Paris et dans plusieurs villes de France.

Le patron des policiers, Jean-Marc Falcone, a affirmé ce même jour qu’il ferait des propositions à Bernard Cazeneuve sur les moyens matériels « la semaine prochaine ».

« Il est très important que nous puissions donner une perspective et une réponse immédiate, et donc que les policiers sachent bien que le gouvernement et le président de la République sont dans une démarche de dialogue. (…) Je recevrai les organisations représentatives de policiers dans le début de semaine », a déclaré Hollande lors d’un point presse à l’issue de la première journée d’un sommet européen à Bruxelles. Le chef de l’Etat a ainsi indiqué vouloir « développer un programme de travail tout au long des prochains mois ».

Plus d’un millier de policiers dans les rues

Au même moment ou presque, dans la nuit de jeudi à vendredi, près de 500 policiers ont défilé à Paris, environ 800 à Lyon, 200 à Marseille. Des manifestations ont aussi eu lieu en banlieue parisienne et dans plusieurs grandes villes du sud-ouest comme Toulouse ou Bordeaux. Le mouvement de protestation est né après une violente attaque au cocktail Molotov contre 4 policiers à Viry-Châtillon le 8 octobre.

« Je sais qu’il y a ce malaise qui est profond, qui est d’ailleurs depuis longtemps chez nos fonctionnaires de police et les gendarmes », a reconnu le chef de l’Etat, assurant ceux-ci de la reconnaissance de la population et des pouvoirs publics. Hollande a salué le « travail remarquable » des policiers, soumis « à une pression considérable » dans leur travail de vigilance face à la menace terroriste ou encore sollicités pour des manifestations. « Ce qui s’est produit dans l’Essonne est à tous égards insupportable puisque des policiers ont été attaqués et auraient pu être tués, c’était sans doute l’intention de ceux qui s’en sont pris à ces forces de l’ordre », a-t-il dénoncé, évoquant de manière générale des « conditions (de travail) de plus en plus difficiles, avec une violence qui est là ».

Des propositions sur les moyens matériels dès « la semaine prochaine »

Après une première rencontre avec les syndicats de police « il y a quelques mois », un plan avait été mis en oeuvre avec une « augmentation des effectifs », une « revalorisation d’un certain nombre d’indemnités et un meilleur équipement », a rappelé le président. « Nous avons créé des effectifs », a répété le président, assurant ne pas vouloir « entrer dans la polémique qui n’aurait aucun intérêt par rapport aux suppressions de postes » qui ont été enregistrées « avant (s) on élection ».

De son côté, le patron des policiers Jean-Marc Falcone a affirmé qu’il ferait des propositions à Bernard Cazeneuve sur les moyens matériels « la semaine prochaine ».

« Le ministre de l’Intérieur m’a demandé expressément de mettre en oeuvre et de lui faire des propositions dans le courant de la semaine prochaine sur un plan dit sécurité publique. Maintenant il faut qu’on passe à une phase pour mieux équiper, rééquiper, donner plus de moyens » aux policiers des unités de sécurité publique, a déclaré le directeur général de la police nationale (DGPN) sur Europe 1.

Mercredi, Bernard Cazeneuve avait annoncé le lancement en novembre d’un plan « de sécurité publique » et, dès lundi, des concertations « en profondeur » dans chaque département entre les préfets, les directeurs départementaux de la sécurité publique et les personnels de la police nationale et leurs représentants syndicaux. Les conclusions de ces concertations sur les moyens doivent être remises « en décembre pour mise en oeuvre immédiate dès 2017 ».