Ras-le-bol des policiers: La manifestation se poursuit malgré les promesses de Cazeneuve

SOCIAL En parallèle, Marine Le Pen a adressé son soutien aux forces de l’ordre...

20 Minutes avec AFP

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Environ 100 policiers ont manifesté leur ras-le-bol à Toulouse, dans la nuit du 19 au 20 octobre 2016.
Environ 100 policiers ont manifesté leur ras-le-bol à Toulouse, dans la nuit du 19 au 20 octobre 2016. — ERIC CABANIS / AFP

La mobilisation ne faiblit pas. Malgré les promesses de concertation de Bernard Cazeneuve, plusieurs centaines de policiers ont manifesté dans la nuit de mercredi à jeudi à Paris et à Toulouse. Un peu plus tôt, Marine Le Pen avait adressé son soutien aux forces de l’ordre.

300 policiers à Paris

Environ 300 policiers ont manifesté sur les Champs-Elysées à Paris, après un rassemblement sur la place de la République pour exprimer leur « ras-le-bol », a constaté un journaliste de l’AFP. « Les policiers en colère », « policiers dans la rue », criaient les manifestants, en civil et certains portant un brassard, qui formaient une chaîne en rangs compacts. Les agents ont rejoint en cortège à pied la célèbre avenue, au troisième soir du mouvement de contestation déclenché après une attaque de policiers au cocktail Molotov dans l’Essonne le 8 octobre.

« Du rafistolage »

A Toulouse, 120 policiers ont commencé à se regrouper vers 22h00 devant un imposant monument aux morts situé sur un rond-point du centre-ville. « Ras-le-bol » ou « soutien à nos collègues » pouvait-on lire sur des pancartes. Les fonctionnaires, pour la plupart en civil, ont ensuite entonné la Marseillaise.

« On souffre énormément, les dossiers s’accumulent, les primes qui n’évoluent pas », a dit à l’AFP un officier de police judiciaire (OPJ) qui assure avoir vu une « détérioration complète » sur les quinze dernières années. « On fait du rafistolage », poursuit-il, évoquant un « schisme » avec la hiérarchie policière et rejetant des syndicats « déconnectés » au niveau national.

Le soutien de Marine Le Pen

Alors que Bernard Cazeneuve a reçu les syndicats, mercredi soir, promettant l’ouverture d’une concertation à partir de lundi, la présidente du Front national, a apporté son soutien aux policiers.

« Si j’ai décidé de m’adresser directement à vous, c’est pour vous dire combien nous vous comprenons et vous soutenons dans les moments difficiles que vous traversez », déclare Marine Le Pen. « Votre mécontentement n’est pas seulement légitime, il est sain », poursuit-elle. « Il porte en lui une réaction salutaire devant une situation qui nous concerne tous, une situation dont on voit bien qu’elle met en jeu la liberté et même la vie de chacun d’entre nous ». « Ce n’est pas de menaces dont vous avez besoin mais de soutien et de décisions », ajoute la présidente du FN, en référence à une enquête de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la « police des polices », qui a été ouverte car les fonctionnaires ont bravé leur devoir de réserve en manifestant.

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a toutefois assuré que cette enquête ne visait pas à « entrer dans un cycle de sanctions (mais) à rappeler des principes ». Pour la candidate du FN à la présidentielle : le gouvernement « discrédité et usé, est dépassé par les événements ». « C’est avec solennité que je veux vous dire mon soutien total et celui des Français attachés à nos valeurs, à nos libertés, à nos principes de vie », conclut Marine Le Pen.