Tremblay, Calais, Epinay-sur-Seine: Les proviseurs en première ligne face aux violences scolaires

EDUCATION Plusieurs directeurs d’établissements scolaires ont été agressés ou molestés par des élèves ces dernières semaines…

Vincent Vanthighem
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Plusieurs agressions ont été commises sur des professeurs et proviseurs dans les lycées français.
Plusieurs agressions ont été commises sur des professeurs et proviseurs dans les lycées français. — JEFF PACHOUD / AFP

Ballons de foot dans un coin. Photos de poissons exotiques aux murs. Bien installé dans son bureau du , Didier Georges a tout du proviseur serein. Pourtant, ce mardi matin, sa mère lui a envoyé un texto lui conseillant de « faire gaffe à [lui] ».    ces derniers jours.  .

Jeudi dernier, son collègue du  s’est fait casser le bras par un élève qui n’avait pas supporté une remontrance sur son retard. Au début du mois, c’est en raison d’une remarque sur le port d’une casquette que Mustapha Chelouah,  , a été agressé. Sans parler  , devant un établissement de Tremblay-en-France.



Najat Vallaud-Belkacem encourage à déposer plainte

« Ces événements sont de nature exceptionnelle, juge Didier Georges, qui s’exprime en qualité de . Cela fait huit ans que je travaille en Seine-Saint-Denis. Des menaces, des insultes, oui. Des coups, je n’en ai jamais connu. Dans l’ensemble, l’école reste un sanctuaire. » Cette succession de faits divers au sein même des établissements scolaires – qui ont aussi touché   et   – ne serait donc qu’une coïncidence ? Une série noire ?

Les autorités ne le savent pas elles-mêmes. Cela ne les a pas empêchées de rapidement dénoncer les événements. Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l’Education nationale, a condamné, ce mardi, ces actes, . De son côté, Manuel Valls, le Premier ministre, a indiqué que l’Etat poursuivrait « sans relâche ceux qui s’en prennent à nos professeurs. »



Ecole du plaisir, PNL, et pétage de plomb…

En attendant, les proviseurs demeurent, seuls, en première ligne. Activités multiples, gymnase ouvert et cafétéria des élèves. A Aubervilliers, Didier Georges multiplie, lui, les initiatives dans son lycée de 1.200 élèves pour tenter d’instaurer ce qu’il appelle une « école du plaisir ». « Je ne me lève pas la peur au ventre, résume-t-il. Mais je sais très bien qu’une agression de la part d’un élève qui dérape, qui pète un plomb est toujours possible… »

Posés dans le hall d’entrée du lycée entre deux cours, les jeunes, qu’il croise au moment d’expliquer ça, ne semblent pas très énervés. … « Il ne faut pas faire d’un cas une généralité dans tous les établissements, confirme le rectorat de Créteil (Val-de-Marne). C’est rare que des élèves perdent le contrôle à un moment donné. Mais cela peut arriver… »

12,4 faits de violence pour 1.000 élèves l’année dernière

Sur l’année 2014 – 2015, la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) a relevé . Mais 5 % des établissements concentrent 24 % des événements.    annonce, à 20 Minutes, qu’il est justement en train de déployer dans les établissements une enquête baptisée « Remontée de faits graves » sur une échelle allant de 1 à 4. « Nous aurons les résultats d’ici quelques mois, confie-t-il. Cela nous permettra de disposer d’un vrai thermomètre sur ce sujet. »

Et de pouvoir prendre des mesures ? Récurrent depuis plusieurs années,  en France. « Alors que la menace terroriste est élevée, nous sommes les seuls établissements à accueillir du public sans soutien et sans formation à la sécurité, déplore Didier Georges. Encore faudrait-il réfléchir clairement au rôle qu’auraient ces agents de sécurité ? » Mustapha Chelouah préfère passer de la théorie à la pratique. Agressé le 6 octobre, il a, depuis, sollicité une entreprise spécialisée pour renforcer le dispositif de protection de son établissement.