Manifestation des policiers: «Inacceptable» et «contraire à leurs obligations», estime le patron de la police

SECURITE Selon Jean-Marc Falcone, ça «fragilise la police nationale et fragilise aussi chaque policier»…

20 Minutes avec AFP

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Plusieurs centaines de policiers ont manifesté de manière exceptionnelle à Paris, dans la nuit de lundi à mardi, sans mot d'ordre syndical, pour exprimer leur ras-le-bol après l'attaque contre leurs collègues dans l'Essonne.
Plusieurs centaines de policiers ont manifesté de manière exceptionnelle à Paris, dans la nuit de lundi à mardi, sans mot d'ordre syndical, pour exprimer leur ras-le-bol après l'attaque contre leurs collègues dans l'Essonne. — BERTRAND LANGLOIS

Les policiers ont-ils le droit de manifester ? Pour le directeur général de la police nationale (DGPN), c’est « contraire à leurs obligations statutaires ». Jean-Marc Falcone a en effet estimé ce mardi que la manifestation nocturne des policiers sur les Champs-Elysées à Paris était « inacceptable ».

« Par ce comportement, ils fragilisent la police nationale et fragilisent aussi chaque policier », a-t-il affirmé. « L’expression de cette colère doit respecter les règles », rappelle-t-il. Jean-Marc Falcone avait déjà rappelé le devoir de réserve aux policiers dans une note lundi alors que circulaient des SMS appelant à manifester le soir même, « en vain », selon une source policière.

Une enquête de l’IGPN

La « police des polices » (IGPN) va enquêter sur « les manquements individuels aux règles statutaires », a par ailleurs annoncé Jean-Marc Falcone. Le préfet de police de Paris, Michel Cadot, a également rappelé mardi matin dans une note aux policiers leur «  code de déontologie » et leur « devoir de réserve et de loyauté à l’égard des institutions de la République ».

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Lundi en fin d’après-midi, des SMS ont circulé annonçant la formation d’un cortège depuis l’Essonne vers l’hôpital Saint-Louis. « Face à une hiérarchie carriériste, des élites syndicales enlisées dans leurs conflits, et une justice complètement désintéressée par notre sort, nous devons nous souder. Entre bleus », était-il écrit. A « minuit et demi, ils étaient environ 400 dont un large contingent venu du (département) 91 » devant l’hôpital parisien où est hospitalisé un adjoint de sécurité de 28 ans, très grièvement brûlé après l’attaque au cocktail Molotov de son véhicule à Viry-Châtillon.

Vers 1h, le cortège s’est dirigé vers les Champs-Elysées. En tenue civile, dans des véhicules banalisés ou appartenant à la flotte officielle de la police, gyrophares allumés, ils ont perturbé pendant plus d’une demi-heure la circulation autour de l’Arc de Triomphe, avant de se disperser.