Un rassemblement de la "Manif pour tous" à Paris le 2 février 2014 à Paris.
Un rassemblement de la "Manif pour tous" à Paris le 2 février 2014 à Paris. — MEUNIER AURELIEN/SIPA

POLITIQUE

La Manif pour tous compte ses troupes pour peser sur l'élection présidentielle

Le mouvement espère une large mobilisation ce dimanche à Paris...

Ils reviennent battre le pavé. Cela faisait deux ans que La Manif pour tous n'avait pas mobilisé ses partisans dans la rue. Mais s'ils reviennent ce dimanche c'est pour défendre « la famille et l’éducation » et « peser sur les candidats » à six mois de la présidentielle.

Car c’est bien l’échéance de la présidentielle (et de la primaire de la droite fin novembre) qui motive ce nouveau rassemblement et la volonté de montrer aux candidats qu’elle est une force avec laquelle il faut compter. Le gouvernement « relance de nouvelles offensives contre la famille et l’éducation dans le cadre de l’élection présidentielle », dénonce le mouvement.

Des élus qui ont manifesté ne le feront pas aujourd'hui

« Grâce à toutes nos manifs, tous les candidats sont obligés de se positionner sur la famille, le mariage et la filiation », déclare La Manif pour tous, qui regrette cependant que « des élus qui ont manifesté ne le fassent plus aujourd’hui ».

Le candidat à la primaire de la droite Jean-Frédéric Poisson, les député Hervé Mariton (LR), Marion Maréchal-Le Pen (FN) ou encore Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), ainsi que des associations familiales catholiques (AFC), qui appellent elles aussi à manifester, « à la veille d’échéances politiques importantes », seront dans le cortège néanmoins.

Sens commun soutient François Fillon

Mais le mouvement peine à se faire entendre des candidats à la primaire de la droite, qui ne comptent pas revenir sur la loi Taubira. A l’exception de Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien-démocrate et partisan de son abrogation, et dans une moindre mesure de François Fillon, qui souhaite amender la loi pour interdire la filiation exclusive d’un enfant par deux personnes de même sexe.

Si la Manif pour tous a annoncé qu’elle ne donnerait pas de consigne de vote, Sens commun, son émanation au sein du parti Les Républicains, a choisi d’apporter son soutien à François Fillon, qui a adressé samedi un message de « sympathie » aux manifestants.

Les familles déstabilisées aux yeux de La Manif pour tous

En 2012 et 2013, les rassemblements de La Manif pour tous avaient réuni plusieurs centaines de milliers de personnes, suivis d’un net essoufflement après le passage de la loi en mai 2013 (70.000 personnes en octobre 2014 selon la police, 500.000 selon les organisateurs).

Mais pour sa présidente Ludovine de la Rochère, la MPT a « un bel avenir, car les familles sont déstabilisées » par le gouvernement de François Hollande, dont le « projet de société » est « individualiste et libertariste ».

Procréation médicalement assistée (PMA) « sans père », « scandale de la GPA » (gestation pour autrui), « casse de la politique familiale », « menaces sur la liberté éducative » ou encore « diffusion du genre » : les mots d’ordre pour dimanche concernent tous des dérives supposées de l’actuelle majorité.

PMA et GPA sont ainsi vues comme des avatars de la loi Taubira. Quand bien même le gouvernement s’est opposé à de multiples reprises au recours aux mères porteuses. Et que la gauche n’a pas autorisé la PMA pour les couples de lesbiennes.

La sociologue Céline Béraude, auteure de Métamorphoses catholiques, pronostique une mobilisation bien moindre qu’il y a trois ans. Après le « moment paroxystique » pour La Manif pour tous qu’ont été les années 2012 et 2013, la société a pu constater que « la catastrophe annoncée avec la loi Taubira n’est pas arrivée », déclare-t-elle.