Suicide de Krisztina Rady: Bertrand Cantat a bien été diffamé mais «de bonne foi», selon la justice

JUSTICE Le tribunal correctionnel de Paris a toutefois relaxé le prévenu ce vendredi...

Florence Floux

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Kristina Rady au procès de Bertrand Cantat pour le meurtre de Marie Trintignant à Vilnius, en Lithuanie, le 22 mars 2004.
Kristina Rady au procès de Bertrand Cantat pour le meurtre de Marie Trintignant à Vilnius, en Lithuanie, le 22 mars 2004. — ERIC FEFERBERG / AFP

C’est une décision « comme la 17e chambre sait si bien en rendre », selon Antoine Levy, avocat de Bertrand Cantat. Le jugement des plaintes pour diffamation intentée par le chanteur et les parents de son ex-femme, Krisztina Rady, à un ancien petit ami de celle-ci avait été mis en délibéré jusqu’à ce vendredi après-midi. Les juges ont décidé de la relaxe de François Saubadu, l’ancien amant, tout en reconnaissant que ses propos étaient diffamatoires et faux.

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François Saubadu avait affirmé en 2013 dans l’hebdomadaire VSD que Bertrand Cantat exerçait « une terreur psychologique » sur Krisztina Rady, qui l’avait conduite à se donner la mort. La jeune femme s’était pendue en 2010 dans la maison que le couple occupait avec leurs deux enfants.

Pas de supplément d’information sur la mort de la jeune femme

Le tribunal a motivé sa décision en arguant de la bonne foi de François Saubadu. Pour la justice, il n'a pas dépassé «les limites admissibles de le liberté d'expression pour une personne impliquée» dans cette affaire.

Malgré la relaxe du prévenu, le conseil du chanteur du groupe Detroit a indiqué sa satisfaction : « Bertrand Cantat ne peut que se féliciter que les propos soient reconnus diffamatoires, c’est-à-dire que le tribunal ait reconnu qu’il était inacceptable qu’on tienne des propos comme cela contre lui et qu’ils sont reconnus comme faux. C’était pour lui le point principal de ce dossier. De ce point de vue là, la décision est importante. »

La demande l’avocat de François Saubadu concernant l’ouverture d’un supplément d’information sur la mort de Krisztina Rady, et la transmission du dossier par le tribunal de Bordeaux (Gironde), a été rejetée. L’audience du 8 juillet regoupait les deux plaintes en diffamation de Bertrand Cantat et des parents de Krisztina Rady contre François Saubadu. Celui-ci insinuait également dans VSD que les parents de la jeune femme « restaient les bras croisés ». Le tribunal n’a pas retenu le caractère diffamatoire de ces propos. Les deux parties ont indiqué n’avoir pas encore pris de décision concernant un possible appel. Contacté, François Saubadu n’a pas souhaité réagir dans l’immédiat.