Pourquoi le nombre de décès a atteint un record en 2015

DEMOGRAPHIE Selon les chiffres de l'Insee publiés ce jeudi, 594.000 personnes sont décédées, soit 34.000 supplémentaires par rapport à 2014...

Oihana Gabriel
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Cimetière de Loos-en-Gohelle dans le Nord de la France.
Cimetière de Loos-en-Gohelle dans le Nord de la France. — Michel Spingler/AP/SIPA

2015 marque le record de décès depuis 1945. En effet, l'année dernière, 594.000 personnes sont décédées en France, soit 6,1% de plus qu'en 2014, selon des chiffres publiés jeudi par l'Insee. Il s'agit du niveau le plus élevé depuis l'après-guerre. Pourquoi cette surmortalité?

Les baby-boomers arrivent à l'âge critique

Cette forte hausse s'explique d’abord par un facteur structurel : les premières générations de «baby-boomers» arrivent à des âges où le risque de décéder est plus élevé. En 2014, les personnes nées en 1946 avaient 68 ans. Dans l'ensemble de l'année, les plus de 65 ans ont représenté 83% des décès. Cette tendance devrait donc se poursuivre les années suivantes.

Un hiver meurtrier

Mais des «événements conjoncturels» sont aussi en cause, précise l'Insee. Notamment la grippe au premier trimestre 2015. En effet, l’épidémie catastrophique en 2014-2015 avait provoqué la mort de 18.300 personnes de plus que d’habitude, soit 10 fois plus que les années précédentes selon Santé Publique France. Les personnes âgées de 65 et plus ont représenté 90% de ces décès supplémentaires par rapport à la normale. Résultat, le pic de décès des mois de janvier à mars a été particulièrement important en 2015 par rapport à d’autres années récentes. En janvier, l’Insee a constaté que 240 décès supplémentaires par rapport à l'année précédente sont survenus, en février 380 et en mars 180.

 

Grippe: «Le vaccin ne protège pas contre l’épidémie, mais contre la mortalité»

Comme on peut le remarquer sur ce graphique, les mois d'hiver sont les plus meurtriers depuis la Deuxième guerre mondiale. Mais en 2015, cette courbe en U s'est un peu aplati car plusieurs épisodes de canicule en juillet et en août et une vague de froid en octobre ont provoqué davantage de décès qu'en 2014.