«Jungle de Calais»: Des associations contestent le démantèlement en justice

MIGRANTS Onze associations demandent la suspension du démantèlement du camp de migrants...

G. N. avec AFP

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La «jungle» de Calais, le 24 septembre 2016.
La «jungle» de Calais, le 24 septembre 2016. — Irina Kalashnikova/SIPA

Onze associations ont saisi mercredi soir en référé-liberté le tribunal administratif de Lille pour s’opposer au démantèlement programmé de la « Jungle » de Calais. « Nous avons saisi le tribunal administratif de Lille, car en l’état, cette mesure d’évacuation constitue une atteinte aux droits fondamentaux des exilés », a déclaré à l’AFP Me Julie Bonnier, défendant les intérêts de 11 associations, parmi lesquelles Emmaüs, le Secours catholique, l’Auberge des migrants. La date de la fermeture de la « Jungle » n’a pas été communiquée par les autorités.

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L’action en justice vise la préfète du Pas-de-Calais, en tant que représentante de l’Etat dans le département. Le tribunal administratif doit statuer sous 48h, a précisé Me Bonnier, du barreau d’Evry, associée dans cette démarche à Me Lionel Crusoë, du barreau de Paris.

Pas une « opposition de principe »

« Les vraies solutions pérennes ne sont pas trouvées, c’est ce que nous redoutons et craignons depuis longtemps. Les personnes évacuées vont se retrouver privées de l’accès aux soins, à leurs droits, pas écoutées dans leurs besoins et envoyés dans les CAO alors qu’ils n’ont rien y faire », a poursuivi Me Bonnier, qui avait déjà saisi le tribunal administratif de Lille en février pour s’opposer, en vain, au démantèlement de la partie sud de la « Jungle ».

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L’avocate défendait également les migrants de Norrent-Fontes (Pas-de-Calais), qui étaient sous le coup d’une demande d’expulsion de la mairie et de propriétaires privés, rejetée ce mercredi par le tribunal de Béthune en l’absence de « solution concrète et durable » pour leur relogement. « Evacuer, cela peut être un acte humanitaire s’il y a de vraies solutions », a aussi insisté Me Bonnier, assurant ne pas être « dans une opposition de principe ». « On nous donne le mauvais rôle, celui de faire de la politique au travers de ce contentieux », a-t-elle estimé.