Orne: Un bébé décède à la suite d'une surdose de Doliprane, le médecin est suspendu

SANTE Il lui a également été reproché d’avoir oublié de poser des questions importantes à la mère de l’enfant qui lui auraient permis de savoir qu’un rappel de vaccination réalisé la veille «avait révélé un souffle au cœur»…

20 Minutes avec agence

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Illustration main de Bébé.
Illustration main de Bébé. — Future/REX Shutterstock/SIPA

Un médecin de l’Orne a été suspendu un an dont six mois avec sursis, ce 30 septembre, par l’Ordre des médecins. L’urgentiste régulateur du Samu est à l’origine du décès d’un bébé de cinq mois fin mai 2015, alors qu’il avait prescrit quelques semaines plus tôt, en urgences, une surdose de Doliprane.

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Entre cuillère à soupe et cuillère à café

L’affaire remonte au 4 mai 2015. Cette nuit-là, vers 3h30, une mère appelle le 15 alors que son bébé de cinq mois présente une forte fièvre (40 degrés) et une respiration rapide. Elle dialogue alors avec un assistant régulateur du centre d’appel d’Alençon. D’après l’enregistrement de la conversation téléphonique, l’assistant demande si l’enfant a reçu du Doliprane et s’il ne présente pas de convulsions.

Quand le médecin, employé au Samu de l’Orne, prend le relais, il conseille la prise de Doliprane, un bain tiède, et le transfert aux urgences si la fièvre persiste. Le praticien se montre toutefois hésitant sur la dose à administrer alors que la mère n’en détient qu’en sirop et sans mesure. Il parle de cuillère à soupe puis de cuillère à café, en prescrivant une et demie, puis, se reprenant, deux cuillères. Hospitalisé le 5 mai dans un état comateux, le nourrisson décède quelques semaines plus tard.

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Un interrogatoire trop « léger » de la mère du nouveau-né

D’emblée, les parents avaient déposé une plainte qui sera finalement classée sans suite. Reste que celle déposée par l’Agence régionale de santé (ARS) de Normandie devant l’Ordre des médecins a, elle, abouti à des poursuites. Ce 30 septembre, le médecin a donc écopé d’une suspension.

Il lui a été reproché d’avoir, dixit Le Point, « tergiversé » quant à la dose de Doliprane à donner à l’enfant. L’Ordre des médecins a également estimé que l’urgentiste avait mené un interrogatoire trop « léger » de la mère du nouveau-né. Il aurait effectivement « oublié des questions importantes qui lui auraient permis de savoir que le bébé était né prématurément (35 semaines) » et qu’un rappel de vaccination réalisé la veille « avait révélé un souffle au cœur ».