Les retraites des fonctionnaires vont continuer à peser sur les finances publiques, estime la Cour des comptes

ECONOMIE Ces dépenses, qui représentaient 58 milliards d’euros en 2014, sont en hausse continue depuis 25 ans…

20 Minutes avec AFP

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Illustration sur la retraite.
Illustration sur la retraite. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Ça n’est pas une grande surprise. Bien que réformés profondément depuis 2003, les régimes spécifiques de retraite des fonctionnaires vont continuer à peser sur les finances publiques. Ils devront par ailleurs passer par une hausse importante des cotisations pour rester soutenables financièrement, selon un rapport de la Cour des comptes publié ce jeudi.

Selon ce rapport, les dépenses de retraite des fonctionnaires (d’Etat, territoriaux et hospitaliers) représentaient 58 milliards d’euros en 2014 (contre 180 à 190 milliards d’euros pour les salariés du privé) contre 16 milliards d’euros en 1990, soit 5,6 % des dépenses publiques et 2,7 % du PIB, en hausse continue depuis 25 ans. Pour 3,8 millions de cotisants actifs et 3 millions de retraités (dont 50 % d’ enseignants).

De grandes « disparités » entre les différents versants de la fonction publique

Les projections financières, réalisées sous l’égide du Conseil d’orientation des retraites (COR), prévoient que la hausse du coût des dépenses de pensions devrait se poursuivre, moins vite cependant dans la fonction publique d’Etat (FPE) « du fait de la disparition progressive des postes de fonctionnaires à La Poste et à Orange et d’une stabilisation des autres effectifs d’agents de l’Etat », selon le rapport. En revanche, la part des retraites des fonctions publiques territoriale (FPT) et hospitalière (FPH) devrait augmenter dans le PIB et les finances de l’organisme dont elles dépendent, la CNRACL (caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales), « se dégrader continuellement ».

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Pour éviter un tel déficit, le rapport estime que le taux de cotisation (employeur + salarié) devrait passer d’un peu moins de 40 % aujourd’hui à 50 % voire 56 % dans la FPT et la FPH, et rester très élevé dans la FPE, atteignant 70 % dans le meilleur des cas, contre plus de 80 % aujourd’hui. Le rapport constate également la persistance de grandes « disparités » entre versants de la fonction publique, d’un grade à un autre, ainsi qu’avec le secteur privé, même si l’alignement avec les salariés du privé, entamé en 2003, se poursuit.