Prison avec sursis requise contre l'agresseur d'un musulman après l'attentat de Saint-Etienne du Rouvray

JUSTICE L’agresseur avait tenté d’étrangler sa victime…

20 Minutes avec AFP

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Le 2 mai 2016 à Villefranche-sur-Saône. Illustration du palais de justice de Villefranche, dans le Beaujolais dans le Rhône.
Le 2 mai 2016 à Villefranche-sur-Saône. Illustration du palais de justice de Villefranche, dans le Beaujolais dans le Rhône. — J.Laugier / 20 Minutes

Il avait agressé un septuagénaire musulman en menaçant de l’égorger, au lendemain de l’attentat fin juillet dans l’église de Saint-Etienne du Rouvray (Seine-Maritime). Ce mardi, cinq mois de prison avec sursis ont été requis à Rouen à l’encontre d’un homme de 33 ans.

Le jugement a été mis en délibéré au 9 novembre. Le parquet a également requis des travaux d’intérêt général et un stage de citoyenneté.

Un septuagénaire pris pour cible

Les faits se sont produits le 27 juillet à Barentin (15 km au nord de Rouen), le lendemain de l’attentat avec prise d’otages au cours duquel le prêtre Jacques Hamel, 85 ans, avait été égorgé pendant une messe par deux jeunes djihadistes se réclamant de l’Etat islamique.

« Sale Noir, si je descends, c’est pas pour te taper. Je vais t’égorger pour vous faire comme vous nous faites à nous, c’est pas parce que t’es en robe et avec un chapeau que tu vas faire la loi ici. Je suis Français, je suis chez moi, c’est à toi de dégager », avait crié le prévenu, qui cherchait à sortir d’un parking, au volant de sa voiture.

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Il s’adressait à un septuagénaire d’origine sénégalaise, portant une djellaba et un kufi sur la tête, qui raccompagnait ses filles à leur véhicule vers 5h du matin, en bas de son immeuble.

Fortement alcoolisé, énervé d’être gêné dans sa sortie, l’agresseur a reculé et embouti le véhicule des filles du septuagénaire avant de sortir de sa voiture et de rentrer dans l’immeuble pour s’en prendre au vieil homme.

Trois jours d’ITT pour la victime

Dans l’ascenseur, pendant plus d’une minute il va frapper le vieil homme et tenter de l’étrangler avant de prendre la fuite. Souffrant d’hématomes et de douleurs cervicales, la victime aura trois jours d’ITT.

A la barre le prévenu, regard noir et barbe brune bien taillée, agent de nettoyage, engagé dans l’armée pendant cinq ans, a reconnu les violences mais affirmé ne plus se souvenir des propos à caractère raciste qu’il a tenus. « Ça ne me ressemble pas », a-t-il dit.

Les cinq avocats des parties civiles, deux pour la famille, et trois pour des associations antiracistes (Licra, SOS Racisme et association de défense des Droits de l’homme - Collectif contre l’islamophobie) ont tous insisté sur la gravité des injures racistes proférées et souligné « l’amnésie sélective » du prévenu.