L'Observatoire de la laïcité veut recadrer un débat «confus»

LAICITE L'instance est très critiquée par une partie du camp laïc...

20 Minutes avec AFP

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Un street-artiste réalise une fresque "laïcité" sur la Place de la laïcité à Paris le 9 décembre 2015.
Un street-artiste réalise une fresque "laïcité" sur la Place de la laïcité à Paris le 9 décembre 2015. — ALAIN JOCARD / AFP

L’Observatoire de la laïcité, instance dépendant de Matignon, entend « cadrer » un « débat très confus » Pour se faire, l’instance, très critiquée par une partie du camp laïc, a publié lundi deux textes et voulant « donner des éléments de repérage, de cadrage alors que le débat sur la laïcité part dans toutes les directions », a déclaré à l’AFP le président de l’observatoire, l’ancien ministre socialiste Jean-Louis Bianco.

Rappeler la définition de la laïcité

Ce diptyque comprend une « déclaration pour la laïcité » qui rappelle ce qu’est ce principe « affirmé par la Constitution de la République et organisé par la loi du 9 décembre 1905 », ainsi qu’un « rappel » plus long des « libertés et interdits qui s’inscrivent dans le cadre laïque ».

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Ces deux textes ont été votés à l’unanimité de la vingtaine de membres de l’Observatoire (experts, hauts fonctionnaires, parlementaires…) moins les abstentions des trois frondeurs ne participant plus à ses travaux : le député PS Jean Glavany, la sénatrice PRG Françoise Laborde et le président du Comité Laïcité République Patrick Kessel. Tous trois jugent la conception de la laïcité défendue par Jean-Louis Bianco et le rapporteur général de l’observatoire, Nicolas Cadène, trop accommodante envers le « communautarisme ».

« Dans les circonstances d’aujourd’hui, propices aux interrogations et aux surenchères », la « déclaration » fait valoir que « la laïcité est d’abord une liberté ».

« Libertés et interdits »

« Des interdictions générales de toute manifestation de signes religieux sur la voie publique ou dans les espaces collectifs privés ne renforceraient pas la laïcité mais la dénatureraient, en transformant une liberté encadrée en prohibition », estime l’observatoire.

La note sur les « libertés et interdits » consiste en un rappel détaillé du droit existant, dans l’espace public comme dans la sphère privée, « face à des phénomènes nouveaux, apparus ces dernières décennies dans un contexte social fragile, de montée de revendications communautaires », mais aussi de « détournement de la laïcité à des fins stigmatisantes », en particulier à l’égard des musulmans.

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Interrogé par l’AFP sur les critiques visant l’observatoire, à droite comme dans la gauche proche de Manuel Valls, Jean-Louis Bianco assure que « les accusations », « limitées à un débat parisien », le laissent « indifférent ».

« Ce qui compte pour nous, c’est la laïcité telle qu’elle est vécue », relève l’ancien secrétaire général de l’Elysée. Et d’ajouter : malgré un débat public « très confus », « nous constatons que la connaissance de ce qu’est la laïcitéprogresse ».