Incendie du Cuba Libre à Rouen: Un rapport d'expert accable l'établissement

ENQUETE Le bar où ont péri 14 personnes en août dernier aurait dû être classé en 4e catégorie avec des normes de sécurité plus strictes...

20 Minutes avec agence

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Les pompiers quittent le bar Au Cuba Libre, à  Rouen, où au moins 13 personnes ont été tuées dans un incendie.
Les pompiers quittent le bar Au Cuba Libre, à Rouen, où au moins 13 personnes ont été tuées dans un incendie. — MATTHIEU ALEXANDRE / AFP

« L’aménagement de ce bar relevait d’un bricolage inconséquent. » Tels sont les mots d’un avocat des victimes du Cuba Libre, ce bar de Rouen (Seine-Maritime) où 14 personnes ont péri, des suites d’un incendie dans la nuit du 5 au 6 août dernier.

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Normes plus strictes, arrêté d’ouverture signé du maire et contrôles réguliers

Une expertise privée réalisée par un ingénieur estime que « cet établissement recevant du public (ERP) aurait dû être classé en 4e catégorie et non en 5e catégorie », rapporte Le Parisien qui s’est procuré le rapport.

Aussi, le bar aurait dû respecter des normes plus strictes, accepter un passage de la commission de sécurité, bénéficier d’un arrêté d’ouverture signé du maire et faire l’objet de contrôles réguliers, poursuit le quotidien.

Une seule inspection concernant les installations électriques

Pour établir ses conclusions, l’ingénieur, spécialiste de la question, se base sur la superficie de l’établissement et le nombre de clients qu’il pouvait recevoir. Le bar en rez-de-chaussée de 30m2 et le sous-sol d’environ 22m2 accueillant la piste de danse, l’espace « DJ » et le fumoir, impliquent un changement de catégorie avec des points de sécurité à respecter.

Mais en demeurant en 5e catégorie, par « erreur d’appréciation ou de déclaration » de l’exploitant, souligne le rapport, le Cuba Libre doit seulement subir une seule inspection concernant les installations électriques. Selon le quotidien, Me Gérard Chemla, avocat de la famille d’une des victimes, qui a sollicité cette expertise, a adressé le document au juge d’instruction.

L’issue de secours du Cuba Libre était verrouillée

Pour rappel, le 5 août en soirée, un anniversaire était célébré au sous-sol du Cuba Libre. Les étincelles des bougies du gâteau auraient embrasé le plafond au niveau de l’escalier menant à la salle de danse, recouvert de mousses isolantes en polyuréthane hautement inflammable.

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Courant septembre, le gérant du bar et son frère, propriétaire du bail, étaient mis en examen pour « homicides et blessures involontaires par violation délibérée d’une obligation de sécurité », alors que l’on apprenait que le soir du drame l’issue de secours du Cuba Libre était verrouillée.