VIDEO. Najat Vallaud-Belkacem répond au pape sur la «théorie du genre» dans les manuels scolaires

EDUCATION La ministre de l’Education Najat Vallaud-Belkacem « regrette » la parole « légère et infondée » du souverain pontife…

M.C. avec AFP

— 

Le pape
Le pape — VINCENZO PINTO / AFP

Les manuels scolaires français propageraient un « sournois endoctrinement de lathéorie du genre », selon le pape François. S’exprimant devant les journalistes dans l’avion qui le ramenait à Rome après trois jours dans le Caucase, le pontife argentin a employé l’expression utilisée par une frange conservatrice de la société qui s’inquiète des études et enseignements ouvrant à une perception nuancée des différences entre les sexes.

Pour illustrer son propos, le pape a raconté une anecdote rapportée par un père de famille catholique français, effaré que son fils de 10 ans envisage de devenir une fille. Ce père aurait raconté comment son fils, interrogé pendant un repas de famille sur ce qu’il voulait faire plus tard, lui aurait répondu : « Etre une fille ». « Le père s’est alors rendu compte que dans les livres des collèges, la « théorie du genre » continuait à être enseignée, alors que c’est contre les choses naturelles », a déclaré le pape.

Najat Vallaud-Belkacem conseille au pape « de venir à la rencontre d’enseignants de l’école française »

La ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem a « regretté » ce lundi la « parole pour le moins légère et infondée » du pape François. « Je vois qu’il aura été lui aussi victime de la campagne de désinformation massive conduite par les intégristes », a-t-elle affirmé sur France Inter. « Je conseille au pape lors de l’un de ses prochains déplacements en France de venir à la rencontre d’enseignants de l’école française », « de feuilleter lui-même ces manuels scolaires, ces programmes et de m’expliquer en quoi il y aurait une théorie du genre, qui n’existe pas par ailleurs, dans ces livres », a ajouté la ministre.

>> A lire aussi : Une militante anti «théorie du genre» condamnée pour diffamation à l'encontre d'une institutrice

Une « guerre mondiale pour détruire le mariage »

Pour le chef de l’Eglise catholique, « avoir des tendances homosexuelles ou changer de sexe est une chose », mais « faire un enseignement dans les écoles sur cette ligne » en est une autre. Il s’agit là d’une volonté de « changer les mentalités », d’une « colonisation idéologique », a estimé le pape, qui avait dénoncé samedi à Tbilissi la « théorie du genre » comme l’un des aspects d’une « guerre mondiale pour détruire le mariage ».

>> A lire aussi : L’Education nationale lutte contre la rumeur de la «théorie du genre» à l’école

Interrogé sur l’attitude à avoir avec les personnes homosexuelles ou les transsexuelles, le pape François a cependant répété qu’elles devaient être accueillies, accompagnées et aussi intégrées que possible. « J’ai accompagné des personnes avec des tendances, des pratiques homosexuelles, je les ai rapprochées du Seigneur. Certaines ne peuvent pas, mais je ne les ai jamais abandonnées », a-t-il assuré.

« Ne dites pas que le pape sanctifiera les trans »

Le pape a raconté avoir reçu une lettre d’un Espagnol lui racontant comment il avait décidé de changer de sexe pour devenir homme. « Il s’est marié, a changé d’état-civil et m’a écrit cette lettre pour me dire que ce serait une consolation de venir me voir avec sa femme. Je les ai reçus », a-t-il raconté.

« La vie est la vie et les choses doivent se prendre comme elles sont », a-t-il ajouté, en expliquant que dans sa paroisse, cet Espagnol a rencontré aussi bien un vieux prêtre prêt à le confesser que son remplaçant plus jeune qui l’envoyait « en enfer » ». « Ne dites pas que le pape sanctifiera les trans, je vois déjà les titres des journaux », a précisé Jorge Bergoglio. « C’est un problème moral qui doit se résoudre comme on peut, mais toujours avec miséricorde », a-t-il insisté.