Affaire Squarcini: Des extraits des écoutes dévoilés

JUSTICE On y entend l’ancien patron du renseignement essayant d’obtenir des informations sur le groupe LVMH…

H. B.

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Bernard Squarcini, ex-patron de la DCRI, au tribunal de Paris, le 18 février 2014.
Bernard Squarcini, ex-patron de la DCRI, au tribunal de Paris, le 18 février 2014. — MEUNIER AURELIEN/SIPA

Celui qui fut le numéro un du renseignement intérieur sous Nicolas Sarkozy, Bernard Squarcini, a été mis en examen ce mercredi pour une longue liste de délits présumésdans une enquête portant sur ses activités depuis sa reconversion dans le privé. Les soupçons sur le recours à ses relations dans la police et ses réseaux pour accéder à des informations privilégiées proviennent notamment d’écoutes téléphoniques menées en 2013.

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Mediapart s’est procuré les écoutes à l’origine de cette affaire. Le site d’informations a retranscrit ce vendredi un appel téléphonique entre Bernard Squarcini et Laurent Marcadier datant de mars 2013, ainsi que des textos de Bernard Squarcini avec Christian Flaesch, le patron à l’époque de la police judiciaire parisienne. Il est question de l’enquête ouverte après une plainte d’Hermès contre LVMH.

« La procédure est vide », assure Laurent Marcadier

Le 11 mars 2013, Laurent Marcadier, secrétaire général à la cour d’appel de Paris, appelle Bernard Squarcini. « Bon. Je voulais te dire… Moi, ça y est : on m’indique que la Brif [la brigade financière] a renvoyé la procédure, hein !, au parquet de Paris. […] La procédure est vide », assure Laurent Marcadier. Ce à quoi répond Bernard Squarcini : « Ben, oui, c’est pour ça que… Ce qu’on avait dit quoi… Ils sont en dessous des écrans radars ». Le magistrat de la cour d’appel précise toutefois que le procureur de la République de Paris, François Molins, a malgré tout ouvert une information judiciaire et saisi une juge d’instruction. « Putain ! », aurait alors déclaré Bernard Squarcini.

Depuis qu’il a quitté la police, Bernard Squarcini a déjà été confronté à la justice. Le « Squale » a été condamné en avril 2014 à 8.000 euros d’amende pour avoir réquisitionné illégalement en 2010 les factures téléphoniques détaillées (« fadettes ») d’un journaliste du Monde pour connaître ses informateurs dans le dossier Bettencourt, menaçant la droite à l’époque. Il est également visé par une enquête préliminaire à Paris sur l’un de ses contrats avec le géant du tabac Philip Morris.