Affaire des écoutes: Comment Sarkozy a justifié sa ligne au nom de Paul Bismuth auprès des juges

JUSTICE L'ex-président a chargé son avocat Thierry Herzog...

C. A.

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Nicolas Sarkozy sur le plateau de «L'Emission politique», le 15 septembre.
Nicolas Sarkozy sur le plateau de «L'Emission politique», le 15 septembre. — France 2

Nicolas Sarkozy, mis en examen dans l’affaire dit « des écoutes », s’est défendu en se posant comme victime lors de son interrogatoire par les juges, selon les révélations du Monde, qui a pu en prendre connaissance.

L’ancien chef de l’Etat, tout comme son avocat Thierry Herzog, est poursuivi depuis juillet 2014 pour « corruption active », « trafic d’influence actif » et « recel de violation du secret professionnel ». Patricia Simon et Claire Thépaut, les deux juges qui ont mené l’interrogatoire de Nicolas Sarkozy le 22 juillet dernier, le soupçonnent d’avoir voulu faciliter la promotion d’un haut magistrat, Gilbert Azibert, en échange d’informations secrètes dans une procédure liée à l’affaire Bettencourt.

Lors de cet interrogatoire, l’ex-président a justifié l’utilisation, à partir du mois d’août 2012, d’une ligne téléphonique sous l’identité d’emprunt de Paul Bismuth, pour converser avec Me Herzog.

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Herzog à la manoeuvre ?

Les juges soupçonnent les deux hommes d’avoir voulu échapper à d’éventuelles surveillances judiciaires dont ils auraient été informés. L’ancien chef de l’Etat minimise son rôle et charge son avocat.

« Il [Me Herzog] me dit qu’il faut que nous puissions parler sur un téléphone discret où nous pourrions évoquer tous les problèmes de procédures qui pourraient se poser sans prendre le risque d’écoutes "sauvages" ». » Trouvant ces précautions « un peu superfétatoires », le candidat à la primaire de la droite accepte.

Même ligne de défense au moment de parler de Gilbert Azibert. Nicolas Sarkozy assure n’avoir « jamais demandé » à son avocat « de prendre contact avec Azibert ». « Thierry m’a dit que Gilbert Azibert était son ami depuis vingt-cinq ans, que c’était un grand juriste au civil comme avocat général. […] Je ne peux pas vous parler de la façon dont M. Azibert aurait ou non collecté des informations puisque je ne l’ai jamais eu au téléphone », a assuré l’ancien chef de l’État.

« J’ai été constamment écouté »

Et de poursuivre : « Je ne suis pas paranoïaque et j’étais loin d’imaginer tout ce qui allait m’arriver dans les quatre années à venir, où la réalité dépassa de loin la fiction. Ce n’est pas que j’ai été écouté, c’est que j’ai été constamment écouté. »

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Selon Le Monde, le dossier pourrait être clôturé dans les semaines à venir, après une ultime confrontation générale.

Mais l’hypothétique renvoi en correctionnelle de Nicolas Sarkozy ne pourrait avoir lieu avant l’élection présidentielle du printemps 2017 en raison de la multiplication des recours déposé par l’ancien président.