Attentat de Nice: Le pape prône le dialogue interreligieux devant les familles en deuil

SOUTIEN Environ 180 personnes blessées ou traumatisées dans l'attentat ou bien proches de victimes se sont rendues au Vatican ce samedi dans deux avions affrétés par la municipalité de Nice....

B.D. avec AFP

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Le pape François rencontre des victimes et des proches de victimes de l'attentat de Nice, le 24 septembre 2016 au Vatican.
Le pape François rencontre des victimes et des proches de victimes de l'attentat de Nice, le 24 septembre 2016 au Vatican. — AP/SIPA

« Nous attendons un message d’apaisement pour nos âmes en souffrance. » Des dizaines de familles en deuil et de victimes de l’attentat du 14 juillet à Nice ont atterri ce samedi matin à Rome, accompagnées de soutiens de toutes confessions, pour une audience à midi avec le pape François.

«C’est une grande émotion pour moi de vous rencontrer»

Celui-ci a insisté devant elles sur le dialogue entre les religions, qu’il a qualifié d'« urgente priorité ». « C’est une grande émotion pour moi de vous rencontrer, vous qui souffrez dans votre corps ou dans votre âme parce qu’un soir de fête, la violence vous a frappés aveuglément, vous ou l’un de vos proches, sans considération d’origine ou de religion », a déclaré le pape en s’adressant à eux dans le grand hall de la salle Paul VI au Vatican.

Puis Jorge Bergoglio s’est mêlé à la foule des victimes et des familles en deuil, pour les saluer, les étreindre et parfois les réconforter de quelques mots.

Environ 180 personnes blessées ou traumatisées dans l’attentat ou bien proches de victimes - 58 familles au total - ont rencontré le pape.

Sont également présents à Rome quelque 150 soutiens niçois partis en car, ainsi qu’une délégation officielle de l’association interreligieuse « Alpes-Maritimes Fraternité », qui comprend des représentants juifs, musulmans, orthodoxes et protestants.

« On ne peut répondre aux assauts du démon que par les œuvres de Dieu»

Cette dimension interreligieuse a été saluée par le pape François pour qui, « on ne peut répondre aux assauts du démon que par les œuvres de Dieu qui sont pardon, amour et respect du prochain, même s’il est différent ».

Un tiers des victimes décédées étaient de confession musulmane, a rappelé l’imam Boubekeur Bekri, vice-président du conseil régional du culte musulman dans le sud-est de la France, qui s’est rendu lui aussi à Rome avec une poignée de musulmans.

L’imam a souligné « l’humanisme intense » du pape François, exprimé par exemple lors de sa visite aux réfugiés principalement musulmans sur l’île grecque de Lesbos.

Maurice Niddam, président du consistoire de Nice, n’accompagnait pas des victimes juives, mais il a voulu soutenir cette démarche.

« Progresser vers la résilience »

Pour Pierre-Etienne Denis, président de la Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs (Fenvac), ce type de rendez-vous permet aussi de sortir de la solitude et de « progresser vers la résilience ».

Le pape François avait déjà reçu le président français François Hollande mi-août pour réaffirmer son soutien et son affection envers le pays touché depuis début 2015 par une série sans précédent d’attentats. Et le 14 septembre, il avait célébré, en compagnie de 80 pèlerins français, une messe en l’honneur de Jacques Hamel, le prêtre tué par deux djihadistes dans son église près de Rouen. « Comme il serait bon que toutes les confessions religieuses proclament que tuer au nom de Dieu est satanique », avait-il alors lancé.