Menace terroriste: Sapeurs-pompiers et policiers en quête de nouveaux modes d’intervention communs

REPORTAGE À l’occasion d’une conférence organisée au congrès national des sapeurs-pompiers ce vendredi à Tours (Indre-et-Loire), les forces d’intervention et de secours se sont penchées sur l’intégration des services de secours lors de tueries de masse…

Hélène Sergent
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Deux pompiers mobilisés après l'attaque survenue à Nice.
Deux pompiers mobilisés après l'attaque survenue à Nice. — C. PARIS/AP/SIPA

Le soir des , 450 sapeurs-pompiers de Paris sont intervenus sur les différents sites pour secourir et prendre en charge les blessés.  il y a un peu plus de deux mois, ils étaient près de 120 à arpenter la promenade des Anglais quelques minutes après la course folle du terroriste au camion qui a tué 86 personnes et blessés 434 autres.

Ces drames, qui ont profondément heurté les équipes mobilisées sur le terrain, ont poussé les autorités et les forces de secours à repenser leurs modalités d’intervention. Comment sauver un maximum de vies, sans risquer la sienne, et dans un contexte de menace terroriste ? C’est à cette question qu’ont tenté de répondre sapeurs-pompiers, policiers du Raid et agents préfectoraux lors d’une conférence organisée ce vendredo à l’occasion du 123e congrès national des soldats du feu, à Tours (Indre-et-Loire).

« La coordination, c’est notre point faible »

Face à une salle comble, Alain Jardinet, directeur départemental du SDIS (Service départemental d’incendie et de secours) des Alpes-Maritimes, est le premier à avoir pris la parole pour revenir sur les opérations menées le soir du « Les exercices effectués dans le cadre de l’Euro 2016 ont grandement servi à la réussite de cette intervention (…) mais on a eu du mal à appliquer ce qui est dit dans la doctrine, notamment parce que sécuriser une voie de 1,9 kilomètre où 20.000 personnes sont présentes est extrêmement difficile », a-t-il confié.

En avril dernier, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve,  en cas d’attaque terroriste pour le Raid, le GIGN ou la BRI.   par un nouveau dispositif à destination des services de secours. « Je ne veux aucune cloison, aucun malentendu, ni aucune incompréhension dans la coopération entre forces de secours et de sécurité », avait alors insisté le ministre.

Or cette coopération n’est pas si évidente a rappelé un commandant de police du Raid présent lors de cette conférence à Tours : « Il ne faut pas se voiler la face. Vous, sapeurs-pompiers, vous avez l’habitude quand vous arrivez sur vos opérations d’être les patrons. Quand les démineurs arrivent sur leurs opérations, ce sont eux les patrons et moi quand j’ai l’habitude d’arriver sur mes opérations, c’est moi le patron. Alors forcément quand on mélange tout ça, qu’il y a des explosions, des terroristes et qu’en plus ça brûle, il faut trouver quelqu’un qui pilote ».

La prise en charge des victimes 

Pour favoriser le travail des sapeurs-pompiers aux côtés des forces spéciales en cas d’attaque terroriste, des « corridors d’extraction » pourraient à l’avenir être mis en place a détaillé l’un des médecins du Raid, présent lors de cette conférence : « L’idée, c’est de créer des nids de victimes dans une zone d’exclusion. On aura besoin de vous pour extraire les victimes et les blessés. Vous serez systématiquement sous protection policière ». Des casques et des gilets par balles auraient également été fournis aux SDIS pour protéger les pompiers.

Multiplier les entraînements et exercices communs entre pompiers et policiers du Raid, poursuivre la formation des secours aux techniques de  ou encore maîtriser la vérification de l’afflux d’informations et   lors d’une attaque terroriste ont également été suggérés lors de cet échange informel. Une rencontre « productive, nécessaire » pour Mathieu, pompier volontaire à Blois : « Comme l’a expliqué l’un des policiers du Raid, la menace ne vise plus seulement les grandes villes comme Paris, Marseille où Lyon. Si ça arrive demain à côté de ma caserne, je veux être prêt ».