Travail: Réduire les discriminations permettrait d’économiser 80 à 310 milliards d’euros

EMPLOI Elles coûtent à l’économie en général et aux entreprises en particulier…

20 Minutes avec AFP

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Illustration entretien d'embauche.
Illustration entretien d'embauche. — JAUBERT/SIPA

Les discriminations sur le marché du travail ont un coût. Réduire ces discriminations, dont les femmes sont les principales victimes, pourrait rapporter gros à l’Etat. Leur réduction substantielle permettrait à l’économie de gagner entre 80 et 310 milliards d’euros, selon un rapport de France Stratégie, organisme rattaché à Matignon, publié ce mardi.

« Les discriminations freinent, voire bloquent, l’insertion sur le marché du travail d’une partie de la population en âge de travailler. Elles coûtent donc à l’économie en général et aux entreprises en particulier », qui ont intérêt « à recruter des individus de catégories discriminées à des postes de responsabilité », soulignent les auteurs.

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« Un gâchis de talents »

Les principales discriminations concernent « les femmes, en raison de leur nombre (50 % de la population) et les descendants d’immigrés et populations des DOM qui représentent environ 5 % de la population », a déclaré Jean Pisani-Ferry, commissaire général de France Stratégie. Leur moindre accès à l’emploi, à l’activité professionnelle à plein-temps et aux postes les mieux rémunérés induit « un gâchis de talents » et des « pertes », sans compter « les coûts de long terme liés aux inégalités d’ éducation », explique-t-il.

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En retenant quatre critères de discrimination (le sexe, l’origine géographique, le lieu de résidence et le handicap) et en s’appuyant sur « une mesure statistique des inégalités » qui consiste à calculer les écarts (de taux d’emploi, de salaires, etc.) entre discriminés potentiels et population de référence, les auteurs envisagent quatre scénarios. Ils calculent, sur la base du PIB 2015, les effets positifs, cumulés ou pas, de quatre facteurs : un meilleur accès aux postes qualifiés, un meilleur accès à l’emploi, une réduction des écarts en matière de durées hebdomadaires de travail et de niveaux d’éducation (avec une convergence au niveau du Bac).

Résultat : un gain de croissance et de revenu compris entre 3,6 % du niveau total du PIB, soit 80 milliards d’euros, et 14,1 % du PIB soit environ 310 milliards d’euros.