Fausse alerte à Paris: Qui se cache derrière Tylers Swatting, l'ado arrêté?

JUSTICE La police a arrêté lundi l’un des deux hackers à l’origine de la fausse alerte terroriste de samedi à Paris…

C.B.

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Paris le 15 avril 2012. Illustration hacker pirate informatique. Ligne s de code. Programme. Ordinateur portable.
Paris le 15 avril 2012. Illustration hacker pirate informatique. Ligne s de code. Programme. Ordinateur portable. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Le hacker Tylers Swatting a été arrêté lundi. Soit deux jours seulement après avoir piraté la ligne téléphonique fixe de l’église Saint-Leu (Paris 1er) pour appeler les forces de l’ordre et leur faire croire qu’une prise d’otages y était en cours. Mais qui se cache derrière ce jeune homme ? 20 Minutes fait le point.

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Qui est-il ?

Tylers Swatting se prénomme en réalité Dylan. Il a fêté ses 16 ans il y a moins d’un mois et vit dans la Marne. Son parcours scolaire est décrit comme « chaotique » : après avoir fréquenté plusieurs collèges de la ville de Vitry-le-François, il a rejoint en septembre le lycée François-Ier, où il est inscrit en seconde professionnelle. Selon Jean-Pierre Bouquet, le maire de Vitry-le-François, Dylan serait « un élève ordinaire qui n’a visiblement jamais réellement fait parler de lui ». Interrogés par LCI, certains de ses camarades mettent en avant un adolescent « renfermé » quand d’autres assurent au contraire qu’il « rigole beaucoup » et « fait beaucoup de conneries mais jamais choquantes ».

Pourquoi a-t-il agi ainsi ?

Pour « faire le buzz ». Si Dylan semble satisfait d’avoir « fait déplacé [sic] des hélico, le gouvernement, 50 voiture de flics », comme il l’a écrit en ligne, l’adolescent a surtout cherché à le faire savoir, en mettant en scène son swatting sur les réseaux sociaux et auprès des médias. Au fil du week-end, il a toutefois cherché à donner une dimension plus « politique » à son geste, expliquant vouloir « montrer que les gens paniquent rapidement pour rien », puis estimant, comme il l’a écrit sur son compte Facebook, désormais supprimé, que « la résistance devient un devoir. Un être manipulé et obéissant est peut-être une victoire pour le gouvernement mais un être conscient est une victoire pour nous ».

Comment a-t-il été arrêté ?

Il a été interpellé lundi après-midi dans son lycée, après avoir été convoqué par l’équipe pédagogique. Dylan pensait que les forces de l’ordre ne pourraient « jamais remonter jusqu’à lui », mais il semble avoir laissé de nombreuses traces. D’autant plus qu’il n’en serait pas à son premier coup : selon RMC, les enquêteurs « le soupçonnent d’être l’auteur ou le coauteur d’autres appels malveillants depuis le début du mois ». Il aurait notamment « provoqué l’intervention des forces de l’ordre dans des grands magasins et dans plusieurs lycées à Draveil, Nancy ou Gujan-Mestras en Gironde ». Certains s’interrogent sur le rôle joué par Grégory Chelli, alias Ulcan, un hacker en fuite en Israël. Alors que Dylan se revendiquait d’Ulcan, ce dernier s’est désolidarisé de l’adolescent et a même publié ses coordonnées sur sa page Facebook.

Que risque-t-il ?

Deux ans d’emprisonnement et 30.000 euros d’amende, s’il est poursuivi pour « dénonciation de crime imaginaire » et « divulgation de fausses informations afin de faire croire à une destruction dangereuse ». C’est en tout cas sur ces motifs que le parquet de Paris avait ouvert une enquête ce week-end. Cette peine s’entend hors dommages et intérêts, potentiellement salés : le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé que l’État allait se constituer partie civile afin « d’obtenir réparation », précisant qu’une « évaluation du préjudice financier » avait été demandée.

Qui sont ses complices ?

Dylan n’a pas agi seul. Depuis le début de l’affaire, un autre hacker est mis en avant, connu sous le pseudonyme de Zakhaev Yamaha. Cet adolescent de 17 ans est toujours recherché par les enquêteurs. Mais, d’après les informations de RMC, au moins cinq adolescents auraient été présents lors du swatting. Le plus jeune serait âgé de 11 ans, le plus âgé, de 14 ans.