La France va expérimenter l’étiquetage de l’origine des plats cuisinés

TRANSPARENCE Obligatoire pour les produits bruts, cette norme sera testée en France à partir du 1er janvier 2017 pour indiquer la provenance des ingrédients dans les produits transformés…

20 Minutes avec AFP

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Stéphane Le Foll, le ministre de l'Agriculture, lors d'un comice agricole à Mareil-en-Champagne, samedi 27 août.
Stéphane Le Foll, le ministre de l'Agriculture, lors d'un comice agricole à Mareil-en-Champagne, samedi 27 août. — JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

D’où vient la viande dans mon plat de lasagnes ou le lait de mon fromage ?  Les consommateurs français pourront le savoir à partir du 1er janvier grâce à l’étiquetage de l’origine des ingrédients des plats cuisinés, une expérience unique en Europe.

Aujourd’hui seul l’étiquetage de l’origine des produits bruts est permis en Europe. Mais l’étiquetage des produits transformés est réclamé depuis longtemps par les associations de consommateurs, et notamment depuis le scandale causé en 2013 par la découverte de lasagnes à la viande de cheval, frauduleusement utilisée à la place de viande de bœuf.

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Bon pour le Made in France ?

Un appel largement relayé par les agriculteurs français, qui dénoncent depuis des années lors de leurs manifestations l’utilisation par les industriels de la transformation de produits venant de l’étranger au détriment des leurs, et voient dans cette mesure une façon d’encourager la promotion et l’achat de produits 100 % français.

Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a donc demandé à la Commission européenne de pouvoir tester ce mode d’étiquetage en France et a reçu le feu vert en mars dernier pour mener cette expérimentation qui débutera le 1er janvier prochain et durera deux ans, jusqu’au 31 décembre 2018. Ce sera une première en Europe.

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Une quantité bien précise pour postuler à la certification « origine France »

Le décret qui rend obligatoire l’indication de l’origine du lait ainsi que des viandes, utilisés en tant qu’ingrédients dans les denrées alimentaires préemballées, avait été publié le 21 août au Journal officiel, et les professionnels attendaient depuis la précision sur les quantités prises en compte.

C’est aujourd’hui chose faite : Stéphane Le Foll a profité de son passage ce jeudi au Salon international de l’élevage à Rennes pour préciser que les produits transformés contenant de la viande et du lait ne seront pas étiquetés « Produit d’origine française » dès lors qu’ils contiendraient plus de 8 % de viande ou 50 % de lait de provenance étrangère. L’arrêté sera pris la semaine prochaine, a-t-il ajouté.

La FNSEA salue l’initiative

Pour la viande, l’étiquetage précisera l’origine du produit (pays de naissance, d’élevage et d’abattage des animaux). S’agissant du lait, il concernera le pays de collecte, de conditionnement et de transformation.

Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA, a exprimé sa « satisfaction », à l’annonce de ce seuil de 8 %, « un taux qui nous va bien », car « nous voulions un taux bas pour intégrer les plats préparés », où il y a de petites quantités de viande, a-t-elle assuré. « L’industrie agroalimentaire va devoir se faire à l’idée que les consommateurs veulent la transparence », a pour sa part déclaré le président de l’UFC-Que Choisir, Alain Bazot, qui dit « se féliciter des seuil retenus ».