«Seulement 15% des Français connaissent les gestes de premiers secours»

SECURITE CIVILE Les organisateurs de la campagne « Adoptons les comportements qui sauvent » alertent sur le manque de formation de la population…

Olivier Philippe-Viela

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La Brigade de sapeurs-pompiers proposent a tous les Parisiens de plus de 18 ans des séances d'initiation aux gestes de premiers secours.
La Brigade de sapeurs-pompiers proposent a tous les Parisiens de plus de 18 ans des séances d'initiation aux gestes de premiers secours. — SIPA

Se préparer en cas de catastrophe naturelle et savoir réagir face à une hémorragie, un arrêt cardiaque ou un incendie domestique, voilà le but de la campagne de sensibilisation sur les gestes de premiers secours lancée ce mercredi. L’initiative n’est pas superflue : selon le ministère de l’Intérieur, « seulement 15 % des Français » sont au fait de l’attitude à adopter dans ces cas-là, bien loin des taux de 80 à 90 % de la population dans les pays scandinaves que cite Frédéric Jallendeau, membre de la Protection civile, l’une des organisatrices de la campagne.

« Pas des gestes qui demandent une grande technicité »

« Nous constatons malheureusement les conséquences de cette méconnaissance, abonde le colonel Eric Faure, président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers. Quand nous arrivons sur place, les témoins ont eu le réflexe d’appeler les secours, mais pas plus. Si la personne est en arrêt cardiaque par exemple, trop souvent, aucun massage n’a été pratiqué, elle n’a pas été placée en position de sécurité. Ce ne sont pourtant pas des gestes qui demandent une grande technicité. »

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Moins de 7 % des gens victimes d’arrêt cardiaque sont sauvés en France aujourd’hui, prévient Frédéric Jallendeau, qui ajoute que chaque minute perdue représente 10 % de chances de survie en moins. « Avec cette campagne, nous voulons démystifier les premiers secours : n’importe qui peut utiliser un défibrillateur par exemple, alors qu’on pense que c’est une machine complexe », détaille-t-il, incitant un maximum de personne à suivre une formation « Prévention et secours civiques niveau 1 ».

« Une piqûre de rappel tous les deux, trois ans »

Pour ce responsable de la Protection civile, passer le diplôme PSC1 « désinhibe les gens qui pensaient paniquer dans ces situations ». D’une durée de 7h à 8h, cette journée d’apprentissage des gestes essentiels est ensuite valable à vie, bien qu’une « petite piqûre de rappel tous les deux, trois ans ne soit pas inutile, même si ça revient aussi vite que le vélo ». Patrice Dallem, directeur du secourisme à la Croix-Rouge française, conseille aussi « l’appli qui sauve » lancée par son association, ainsi qu’un tour sur le site preparezvous.eu afin de se rafraîchir la mémoire.

« Au moins un individu par foyer devrait être formé », insiste-t-il, lui qui avait noté une recrudescence de demandes d’apprentissage après les attentats du 13 novembre 2015. « Malheureusement, notre pays n’a progressé en matière de sécurité civile qu’après chaque catastrophe », se désole Eric Faure. Patrice Dallem précise que « les Français d’outre-mer sont bien mieux préparés, car ils ont l’habitude des cyclones ou des éruptions volcaniques, comme à La Réunion par exemple. » Pour le colonel de sapeurs-pompiers, la campagne « Adoptons les comportements qui sauvent » a pour but d’inciter : « Nous souhaitons dire à la population : informez-vous, formez-vous ».