Réforme du Master: «Cela va achever de totalement décrédibiliser les M2»

UNIVERSITES La réforme annoncée du Master fait craindre aux internautes de «20 Minutes» un nivellement par le bas de ce diplôme...

Charlotte Murat

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Dans un amphi au sein de l'Université Jean-Jaurès sur le campus du Mirail.
Dans un amphi au sein de l'Université Jean-Jaurès sur le campus du Mirail. — FrŽdŽric Scheiber/20MINUTES

Comme toute réforme de l’enseignement, celle envisagée pour le Master, annoncée par Najat Vallaud-Belkacem dans les colonnes des Echos, fait beaucoup causer. Pour ceux qui auraient besoin de se mettre à la page, la ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche propose qu’à compter de la rentrée 2017 les étudiants ne soient plus sélectionnés entre le M1 et le M2 (à l’entrée des anciens DEA et DESS), mais à la fin de la L3. « Notre objectif c’est de diplômer 25 % d’une génération au niveau master », soit Bac + 5, a rappelé Najat Vallaud-Belkacem.

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« Un simple Master »

« C’est beaucoup plus juste », se réjouit Angélina. « Et puis ça évitera que des étudiants se lancent dans un master pour ne finalement pas le finir et se retrouver avec un niveau L3 », poursuit cette internaute de la page Facebook de 20 Minutes.

Mais elle a eu beau défendre son point de vue avec tenacité, elle n’a pas réussi à convaincre la grande majorité des internautes ayant commenté le sujet et qui se sont révélés résolument hostiles à ce projet de réforme. Ce qu’ils craignent ? Un nivellement par le bas. L’éternel argument. « La réforme banaliserait le Master. Ce qui m’horripile le plus c’est la phrase "Une simple licence ". Avec cette réforme on dira "Un simple Master ", redoute Clef. C’est bien beau de vouloir à tout prix permettre à tout le monde de faire des études, il ne faut pas que cela se fasse au détriment du mérite et du travail. »

« Plus logique de filtrer dès la première année »

« Cela va achever de totalement décrédibiliser les M2. Bac + 5 pour tous et chômage pour le plus grand nombre », affirme Stanislas. « Encore un moyen pour "bas de gammiser" l’université française, pointe Marinette, créant au passage un joli néologisme. La sélection est le seul moyen de donner de la valeur aux universités françaises. Ces mesures ne vont faire que renforcer l’écart entre les diplômes universitaires et ceux délivrés par les grandes écoles. »

Alors, il y aura toujours une sélection, mais à la fin de la L3, pourrait-on avancer. « Au lieu de sélectionner en plein milieu d’un cursus, il serait plus logique de filtrer dès l’entrée et pas à la fin de la troisième année », répond Florie, qui reconnaît tout de même que « la sélection doit trouver ses limites et ne pas non plus provoquer non plus de l’injustice. N’oublions pas le droit à la culture et l’enseignement pour tous. » Bref, le débat est loin d’être clos.