Attentats déjoués à Paris: Le commando de femmes mis en examen et écroué

TERRORISME En tout, quatre personnes ont été incarcérées...

20 Minutes avec AFP
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Des militaires patrouillent sur le parvis de Notre-Dame de Paris, le 24 décembre 2015.
Des militaires patrouillent sur le parvis de Notre-Dame de Paris, le 24 décembre 2015. — DOMINIQUE FAGET / AFP

Les trois femmes soupçonnées d’avoir voulu commettre un attentat en France, téléguidé depuis la Syrie via Internet, ont été mises en examen lundi soir à Paris, notamment pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, et ont été écrouées. Le parquet de Paris l’a annoncé dans la nuit de lundi à mardi.

Inès Madani, 19 ans et Sarah Hervouët, 23 ans, ont en outre été mises en examen du chef de tentative d’assassinat sur personnes dépositaires de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste et Amel Sakaou, 39 ans, pour complicité de ce crime. Mohamed Lamine Aberouz, 22 ans, compagnon de Sarah Hervouët, a lui été mis en examen pour non-dénonciation d’un crime terroriste. Les quatre personnes ont toutes été incarcérées mais Inès Madani a sollicité un délai pour préparer sa défense dans le cadre d’un débat différé sur sa détention provisoire.

Elles comptaient repasser à l’action, selon les enquêteurs

Les trois femmes avaient été interpellées jeudi soir dans l’Essonne par les policiers lancés sur leurs traces après la découverte quelques jours plus tôt, dans le coeur touristique de Paris, d’une voiture chargée de bonbonnes de gaz. Pour les enquêteurs, les trois femmes, après l’échec de l’attaque à la voiture piégée qui n’a pas explosé, comptaient repasser à l’action.

Le commando de femmes, dont les deux plus jeunes étaient connues pour leur radicalisation, avaient évoqué des gares de l’Essonne et de Paris, ainsi que des policiers comme cibles potentielles et envisageaient de se procurer des ceintures explosives ou de lancer des voitures contre des bâtiments, selon des sources proches de l’enquête.

L’influence du djihadiste Rachid Kassim

Selon les premiers éléments de l’enquête, Inès Madani a abandonné la voiture non loin de la cathédrale Notre-Dame avec une complice, Ornella Gilligmann, mise en examen samedi et écrouée.

Juste avant son interpellation, Sarah Hervouët avait attaqué l’un des policiers au couteau, le blessant à l’épaule. Inès Madani s’était alors lancée sur un autre fonctionnaire, couteau à la main, avant d’être blessée par le policier.

Également suspecté de vouloir passer à l’acte, un adolescent radicalisé de quinze ans, arrêté samedi dans le XIIe arrondissement de Paris, a lui aussi été mis en examen lundi pour association de malfaiteurs terroriste criminelle dans une enquête distincte, et a été écroué, a par ailleurs annoncé le parquet de Paris.

Les enquêteurs entrevoient un point commun entre ces deux dossiers : les contacts entretenus sur Internet par ces femmes et par ce mineur avec le djihadiste français Rachid Kassim, 29 ans, soupçonné de téléguider depuis la zone syro-irakienne ses émules via la messagerie cryptée Telegram.