Osny: Les mesures d'Urvoas pour les détenus radicalisés

PRISON Après l'agression de deux surveillants de la prison d'Osny, le ministre de la Justice a annoncé au JDD quelques mesures pour améliorer la sécurité des unités dédiées aux détenus radicalisés...

O. G. avec AFP
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Le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas au Palais de l'Elysée, à Paris, le 23 juillet 2016
Le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas au Palais de l'Elysée, à Paris, le 23 juillet 2016 — JACQUES DEMARTHON AFP

Durcir les conditions de détention sans renoncer à l’expérimentation. Après l’agression le 4 septembre de deux surveillants par un détenu de l’unité dédiée de la prison d’Osny, en région parisienne, le garde des Sceaux a annoncé de nouvelles mesures concernant les cinq unités dédiées aux détenus radicalisés dans le Journal du Dimanche.

Le ministre de la Justice n’envisage pas des établissements entièrement dédiés aux détenus soupçonnés de terrorisme : « Il ne faut pas créer des poudrières. Le vrai enjeu, c’est aussi de préparer la sortie de ceux qui ont des peines de courte ou de moyenne durée. L’agression d’Osny aurait malheureusement pu se produire hors d’une unité dédiée. »

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Mais Jean-Jacques Urvoas souhaite durcir « immédiatement » les conditions de détention de certains détenus radicalisés, une semaine après la violente agression de deux surveillants de prison.

Jean-Jacques Urvoas veut faire « modifier immédiatement le régime de détention des cinq unités de prévention de la radicalisation » expérimentées en France dans les prisons de Lille-Annoeullin, Fleury-Mérogis, Fresnes et Osny, qui regroupent 89 personnes, a-t-il déclaré dans un entretien au Journal du dimanche. Les 188 prisons françaises comptent au total près de 1.400 détenus considérés comme radicaux, a précisé Jean-Jacques Urvoas. Parmi eux, 325, dont 80 % encore en attente de jugement, sont « incarcérés pour une incrimination terroriste ».

 

Des rotations de cellule

Dans les cinq unités dédiées, le ministre de la Justice entend organiser « plus fréquemment » des changements de cellule, instaurer des « rotations de cellule systématiques » et multiplier les fouilles. Par ailleurs, « les effets personnels des détenus seront limités au sein des cellules » pour limiter les « caches potentielles », les possibilités de « cantiner », c’est-à-dire d’améliorer la vie quotidienne en prison par des achats, seront réduites et l’accès des détenus aux publications extérieures sera plus étroitement « contrôlé », a précisé le garde des Sceaux. Mais le ministre envisage également des formations pour les personnels : « dans chaque établissement nous allons former des équipes de sécurité pénitentiaire afin de rehausser plus encore notre capacité de réponse face aux problèmes de sécurité. « Ces mesures entreront en application cette semaine », a-t-il assuré au JDD.

Poursuivre l’expérimentation

Il n’entend toutefois pas mettre fin à cette expérimentation des unités dédiées, même s’il estime qu’il faut « revoir en profondeur l’évaluation des détenus qui y sont placés afin de renforcer leur prise en charge et la sécurité des personnels ».