Attentats déjoués à Paris: Ce qu'il faut retenir de la conférence de presse François Molins

ENQUÊTE Selon le procureur de la République de Paris, François Molins, les trois jeunes femmes interpellées jeudi à Bussy-Saint-Antoine (Essonne) étaient « téléguidées par des individus » depuis la Syrie…

H.S.
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François Molins, procureur de la République, lors d'une conférence de presse sur l'attentat du 14-Juillet à Nice, le 18 juillet 2016 à Nice.
François Molins, procureur de la République, lors d'une conférence de presse sur l'attentat du 14-Juillet à Nice, le 18 juillet 2016 à Nice. — Claude Paris/AP/SIPA

Au lendemain de l’interpellation musclée de trois jeunes femmes à Bussy-Saint-Antoine (Essonne) suspectées d’être liées aux bouteilles de gaz découvertes dans une voiture à proximité de Notre-Dame-de-Paris, le procureur de la République de Paris, François Molins, a communiqué de nouveaux éléments sur ce commando féminin et sur les projets avortés d’attentats dans la capitale.

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5 bonbonnes de gaz dont 3 avec des traces de gazoile

Le scénario déployé dans la nuit de samedi à dimanche à l’angle de la rue de la Bûcherie et de la rue du Petit-Pont (5e arrondissement), s’étoffe peu à peu, cinq jours après le signalement d’une Peugeot 607, sans plaque d’immatriculation, warnings allumés, chargée de « cinq bonbonnes de gaz dont 3 avec des traces de gasoil ». « Si aucun dispositif de mise à feu n’a été découvert par les enquêteurs […] une cigarette à peine consumée sur une couverture portant des traces d’hydrocarbure » dans le coffre aurait pu provoquer une violente explosion du véhicule, a précisé François Molins.

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Elle n’aura jamais lieu. Les jeunes femmes à l’origine du projet auraient pris la fuite après avoir confondu les serveurs d’un bar situé à proximité avec des policiers en civil. Suite aux investigations réalisées sur la Peugeot, les empreintes d’Ornella. G, 29 ans, interpellée mardi dans le Vaucluse aux côtés de son compagnon, ont été relevés sur la ceinture et la poignée de la place passagère avant. Fichée S, la jeune femme était « connue des services pour ses velléités de départ » a ajouté le procureur. Placée en garde à vue, elle doit « être déférée » samedi « en milieu de journée en vue de l’ouverture d’une information judiciaire et donc de sa présentation devant un magistrat instructeur antiterroriste ».

Des connexions avec la mouvance djihadiste

La vignette de l’assurance apposée sur la voiture a permis aux policiers de remonter au profil d’Ines. M, originaire de Seine-Saint-Denis, 19 ans, fichée S et l’une des cinq filles du propriétaire du véhicule. Interpellée jeudi soir à Bussy-Saint-Antoine, « grâce au travail de géolocalisation et aux interceptions téléphoniques », Ines. M détenait les clés du véhicule retrouvé dimanche. Arrêtée aux côtés d’Amel. S, 39 ans, demeurant à Bussy-Saint-Antoine, et de Sarah. H, 23 ans, la jeune femme avait prêté allégeance à l’organisation terroriste Daesh selon la lettre retrouvée dans son sac par les enquêteurs.

Des connexions ont également été établies entre le « commando » de femmes djihadistes qui s’apprêtaient, selon les autorités, à commettre un attentat et les précédentes attaques djihadistes de Magnanville, en juin, et Saint-Etienne-du-Rouvray, en juillet, a déclaré le procureur de Paris.

Sarah. H, 23 ans, « connue des services spécialisés comme étant particulièrement liée à la mouvance djihadiste », était l'« ancienne promise de Larossi Abballa, auteur de l’attentat de Magnanville, et d’Adel Kermiche, auteur de l’attentat de Saint-Etienne du Rouvray », a expliqué François Molins. En outre, Mohamed Lamine. A, 22 ans, interpellé jeudi soir aux Mureaux (Yvelines) et qui s’apprêtait à se « marier religieusement » avec Sarah. H, « connu des services comme un individu particulièrement radicalisé », est le « frère d’un mis en examen écroué » dans le dossier de Magnanville.