Menace terroriste: Comment la sécurité est-elle assurée dans les gares?

TRANSPORTS Trois femmes arrêtées jeudi auraient fomenté un attentat à la gare de Lyon et dans une gare de l'Essonne...

Laure Cometti

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Des militaires à la gare de Lyon, le 19 juin 2016.
Des militaires à la gare de Lyon, le 19 juin 2016. — Bony/SIPA

Des gares sous haute surveillance. Trois femmes ont été arrêtées jeudi à Boussy-Saint-Antoine (Essonne) dans le cadre de l’enquête sur la voiture abandonnée à Paris avec plusieurs bonbonnes de gaz à bord. Selon RTL, la police aurait découvert que les trois interpellées fomentaient un attentat à la gare de Lyon et dans une gare de l’Essonne. Quels sont les moyens déployés en France pour assurer la sécurité dans les gares et les transports en commun ? 20 Minutes fait le point.

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Les moyens humains

C’est la partie la plus visible des dispositifs de sécurité dans les gares, les stations de métro et les transports. Depuis les attentats de janvier 2015, le niveau « alerte-attentat » du plan Vigipirate est activé en Ile-de-France, ce qui implique un renforcement des effectifs des forces de l’ordre et des armées dans les principales gares. Environ 10 000 militaires (dont 6.000 en Ile-de-France) sont déployés sur 2.200 sites répartis dans 70 départements dans le cadre de l’opération Sentinelle. Ils patrouillent aux abords des gares, des lieux de culte et dans la rue.

En plus de ces patrouilles militaires, la Surveillance générale (SUGE) est déployée dans les gares SNCF. Au total, 2.800 agents, agréés et assermentés, armés et en uniforme, assurent la sécurité des voyageurs dans les gares. A compter du mois d’octobre, ils pourront monter à bord des trains, a annoncé lundi la SCNF.

La RATP, qui opère en Ile-de-France, dispose elle aussi de son service de sécurité internalisé. Il s’agit du groupe de protection et de sécurisation des réseaux (GPSR), qui compte 1.000 agents armés. « Cent agents supplémentaires sont en cours de recrutement », précise la RATP à 20 Minutes.

En région parisienne, la brigade des réseaux ferrés (BRF), une unité de 1.200 agents spécialisés dans la sécurité des gares, travaille en coordination avec la SNCF et la RATP. Des escadrons de gendarmerie peuvent renforcer ponctuellement ces dispositifs. Renforcés pendant la COP21 puis l’Euro 2016, ces effectifs « ont été réaugmentés ces derniers jours », précise la sous-direction régionale de la police des transports (SDRPT) à 20 Minutes.

La vidéoprotection

Environ 40.000 caméras fixes sont installées dans les stations de la RATP et des caméras mobiles sont également utilisées. Quant à la SNCF, elle revendique 31 658 caméras déployées en gare et à bord des trains.

Des caméras intelligentes sont actuellement testées dans l’Hexagone. Ces appareils sont supposés pouvoir mesurer la température d’une personne, pour repérer les individus en état de stress, et permettre de reconnaître des visages.

La loi Savary

Cette loi adoptée en mars dernier renforce par ailleurs les prérogatives de la SNCF et de la RATP. Elle autorise les agents de sécurité à  fouiller les bagages des passagers, avec leur accord. S’ils refusent, les usagers se verront refuser l’accès au train. Les agents pourront également patrouiller en civil et effectuer des palpations de sécurité, une fois que les décrets d’application seront publiés.

Les portiques

Après l’attaque du Thalys, un système de contrôle avec portiques avait été mis en place, en décembre 2015, à la gare du Nord à Paris. En avril dernier, un comité d’experts indépendants a rendu un rapport positif au sujet de ces portiques, plaidant pour leur extension.