Menace terroriste : Les chefs d’établissements dénoncent des failles dans la sécurité des lycées et collèges

EDUCATION Le syndicat national des personnels de direction veut notamment obtenir une dérogation à la loi Evin pendant la durée de l’état d’urgence…

Delphine Bancaud
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Des jeunes devant un lycée à Paris
Des jeunes devant un lycée à Paris — Fred Dufour AFP

Les proviseurs de lycées et les principaux de collèges sont sur le qui-vive face au . Et pas question pour eux de taire les failles du système sécuritaire de leurs établissements. Ce jeudi, lors de sa conférence de presse de rentrée, le Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale (SNPDEN) a fustigé l’action du gouvernement, estimant que sur le sujet de la sécurité dans les établissements scolaires, il se limitait à une « politique du yakafokon », selon son secrétaire général, Philippe Tournier. Et   à la fin du mois d’août par Najat Vallaud-Belkacem et Bernard Cazeneuve ne l’ont pas convaincu.

Attroupements devant les établissements

L’ire des personnels de direction est particulièrement vive sur un sujet : les attroupements d’élèves devant les établissements à l’heure des récréations. La majorité des jeunes sortent pour fumer, le tabac étant interdit dans toute enceinte scolaire .

« Il y a parfois 300 élèves massés devant un lycée », s’alarme Philippe Tournier. Pour éviter ces attroupements, le SNPDEN avait demandé dès novembre 2015 à Manuel Valls « une adaptation urgente de la réglementation aux circonstances » afin d’autoriser les établissements de pendant la durée de l’état d’urgence.

Demander aux parlementaires leur soutien

Une option rejetée par le ministère de la Santé, refusant toute exception au nom de la lutte contre le tabagisme. En avril, Najat Vallaud Belkacem a aussi déclaré qu’il ne fallait pas « permettre aux élèves de fumer à l’intérieur des lycées », mais qu’il fallait «», pour éviter qu’ils ne sortent. De quoi dissuader les chefs d’établissements de contrevenir au règlement.

Plusieurs d’entre eux ont cependant créé des zones fumeurs dans la cour de leur établissement. Ce qui leur a valu les foudres de deux associations antitabac,  pour obliger certains proviseurs à fermer les zones fumeurs. Pas question donc pour les proviseurs de laisser cette question en suspens. « Nous allons saisir les groupes parlementaires pour leur soumettre une proposition de loi autorisant une dérogation à   pendant la durée de l’Etat d’urgence », a déclaré ce jeudi Philippe Tournier.



Pas de spécialistes de la sécurité dans les établissements

Les proviseurs et principaux de collèges ont aussi remis la pression au gouvernement concernant dont disposent les établissements pour assurer la sécurité : « les établissements scolaires sont les seules structures publiques de masse qui sont totalement dépourvues de personnels de sécurité qualifiés. Si un établissement était attaqué, ce serait l’agent territorial d’accueil et d’entretien qui serait en première ligne. Or, ces personnels ne sont pas formés à la gestion de crise », a-t-il insisté.



Autre question à résoudre selon les chefs d’établissements : les moyens de prévenir en interne dans l’établissement. « Actuellement, il existe déjà trois types d’alarme : une de fin de cours, une en cas d’incendie et une pour le confinement. Si l’on en crée une quatrième, le personnel de l’établissement aura du mal à les mémoriser toutes. Il vaudrait mieux un système de haut-parleur », indique Philippe Tournier.



Reste que plusieurs des mesures préconisées par le SNPDEN butent sur le même obstacle : les moyens financiers que leur application supposerait.