Affaire Cahuzac: L’argent caché au menu du second jour du procès

JUSTICE L’ex-ministre du Budget comparaît pour fraude fiscale, blanchiment de fraude fiscale et pour avoir minoré sa déclaration de patrimoine…

20 Minutes avec AFP
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L'ancien ministre français du Budget Jérôme Cahuzac
L'ancien ministre français du Budget Jérôme Cahuzac — MARTIN BUREAU / AFP

Le procès de l’ancien ministre du Budget se poursuit ce mercredi. Pour cette deuxième journée d’audience au tribunal correctionnel de Paris, Jérôme Cahuzac devra s’expliquer sur les tribulations de son argent caché à l’étranger, de la Suisse à Singapour.

Au premier jour de son procès pour fraude fiscale, Jérôme Cahuzac avait entraîné le tribunal sur la piste d’un financement politique. L’ancien élu socialiste, héraut de la lutte contre l’évasion fiscale, a savouré ce lundi l’effet de sa déclaration lâchée dans la torpeur de l’après-midi : le premier compte ouvert à sa demande en Suisse en 1992 par un ami était destiné à « financer » le courant politique de Michel Rocard.

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Le compte n°557847 examiné à la loupe

Jérôme Chauzac a expliqué au tribunal qu’après la déroute socialiste aux législatives de 1993, il avait « tout arrêté ». L’argent accumulé sur ce premier compte - 3 millions de francs, ce qui équivaudrait aujourd’hui à quelque 600.000 euros - est alors transféré sur un nouveau compte ouvert en juin à l’UBS par Cahuzac lui-même.

C’est ce compte n°557847, nom de code « Birdie » (« un coup d’avance » au golf), qui va faire l’objet d’un examen minutieux mercredi. C’est à partir de ce compte, transféré à la banque Reyl en 1998, que les fonds vont se promener de Genève à Panama, de Panama aux Seychelles, pour atterrir enfin à Singapour.

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C’est de cette fraude « sophistiquée » dont l’ancien ministre doit répondre. Pour fraude fiscale et blanchiment, Jérôme Cahuzac encourt jusqu’à sept ans de prison et un million d’euros d’amende. Jugés avec lui, son ex-épouse Patricia Ménard, qui a elle aussi dissimulé de l’argent à l’étranger, et leurs anciens conseillers, le banquier François Reyl et l’ex-avocat Philippe Houman.