Un syndicat d'infirmiers interpelle François Hollande après cinq suicides

SOCIAL Ces drames ont suscité une vive émotion parmi les représentants de la profession, dans la presse et sur les réseaux sociaux...

20 Minutes avec AFP

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Illustration infirmière.
Illustration infirmière. — SUPERSTOCK/SIPA

La Coordination nationale infirmière (CNI) a interpellé vendredi François Hollande sur le malaise de sa profession après les suicides de cinq « collègues » cet été. La ministre de la Santé Marisol Touraine a promis quant à elle « de nouvelles mesures » pour la prévention des risques psycho-sociaux à l’hôpital.

« Vous, président de la République, très occupé, vous n’avez peut-être pas encore été informé de l’été tragique que vient de vivre le monde de la santé », ironise la présidente du syndicat, Nathalie Depoire, dans une lettre ouverte reprenant l’anaphore du candidat Hollande.

Des drames qui reflètent des conditions de travail dégradées

« Après les suicides de nos collègues, le 13 juin à Toulouse, le 24 juin au Havre, le 30 juin à Saint-Calais, de nouveau le 23 juillet l’une des cinq infirmières du service médical interprofessionnel de la région de Reims » s’est donné la mort « chez elle », comme une deuxième infirmière « de ce même service » trois semaines plus tard, rappelle Nathalie Depoire.

Tous confirmés à l’AFP, ces drames ont suscité une vive émotion parmi les représentants de la profession, dans la presse et sur les réseaux sociaux. Beaucoup, à l’instar de la CNI ou du SNPI (syndicat national des professionnels infirmiers), y ont vu le reflet de conditions de travail dégradées même si, pour l’heure, seul un suicide a été reconnu comme un accident du travail, un infirmier s’étant donné la mort au CHU de Toulouse où il exerçait.

Les soignants « souffrent de la pression imposée par les restructurations » liées notamment à des contraintes budgétaires, « et la course à l’acte induite par la tarification à l’activité », système de financement des hôpitaux instauré en 2005, s’indigne Nathalie Depoire, réclamant plus de « moyens financiers ».

Marisol Touraine réfute toute diminution des effectifs

« Il est impératif d’arrêter les diminutions d’effectifs, […] et de mettre en place une réelle prévention des risques psycho-sociaux dans les établissements de soins », réclame-t-elle.

Alors que quelque 3 milliards d’euros d’économies sont demandés à l’hôpital sur trois ans jusqu’en 2017, Marisol Touraine a toujours réfuté toute diminution des effectifs, expliquant que leur nombre augmente moins vite pour limiter les dépenses.

Nathalie Depoire assure quant à elle à l’AFP que des personnels « ne sont pas remplacés après leur départ » et que « la charge de travail s’alourdit » dans les services, également touchés par l’absentéisme et où l’on réclame une plus grande polyvalence.

Une nouvelle série de mesures à l’automne

Jusqu’alors critiquée pour son absence de réaction publique face aux suicides d’infirmiers, Marisol Touraine s’est dite « profondément attristée » par ces décès, tout en rappelant que des « investigations » étaient en cours, dans une interview publiée jeudi sur le site Espaceinfirmiers.fr.

Il faut « à l’évidence amplifier les efforts » en matière de prévention des risques psycho-sociaux, une thématique « trop longtemps sous-estimée au sein des établissements », reconnaît-elle, selon le site. Elle promet ainsi pour l’automne « une série de nouvelles mesures, qui s’appuieront notamment sur les travaux actuellement menés par l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) ».