Vacances de la Toussaint: Les raisons de la colère

AGENDA La date choisie pour les premières vacances scolaires de la Toussaint, du mercredi 19 octobre au jeudi 3 novembre, fait toujours polémique...

A.-L.B.

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Le ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem le 27 août 2016 à Sadirac.
Le ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem le 27 août 2016 à Sadirac. — UGO AMEZ/SIPA

Des parents d’élèves et des professionnels du tourisme ne décolèrent pas en ce jour de rentrée. L'objet de leur courroux : les dates des premiers congés scolaires, programmés du mercredi 19 octobre au jeudi 3 novembre. Pour y voir plus clair, 20 Minutes fait le point sur la polémique.

En quoi la date des congés pose-t-elle problème ?

Nombre de parents sont gênés pour faire garder leurs enfants. C’est ce qu’explique au Figaro  Lilianna Moyano, la présidente de la FCPE, principale fédération de parents d’élèves : « Ce calendrier ne prend absolument pas en compte les besoins et les difficultés des familles qui devront poser des RTT supplémentaires pour garder leurs enfants en milieu de semaine ou trouver une solution de garde en milieu de semaine. »

Quant aux professionnels de l’hôtellerie, ils craignent un manque à gagner. « C’est un non-sens de par la durée des locations, qui sont gérées du samedi au samedi. C’est également un non-sens par rapport aux transports », a jugé surEurope 1 Thierry Grégoire, président des saisonniers de l ’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie.

Comment l’Education nationale justifie-t-elle ce découpage ?

L’Education nationale avance le respect du rythme des enfants pour gérer la fatigue liée à l’apprentissage. En effet, mieux vaut ne pas dépasser les sept semaines de cours après la rentrée pour les élèves. Un argument qui ne tiendrait pas, selon un enseignant sur Twitter…

Que répond la ministre Najat Vallaud-Belkacem ?

La ministre de l’Education nationale a souhaité calmer le jeu, mercredi sur RTL. Elle a alors expliqué : « Je comprends les difficultés que les parents ou les organismes de tourisme peuvent ressentir. (…) Mais je tiens à dire que c’est une situation exceptionnelle qui ne se reproduira pas. » Elle a cependant confié « avoir cédé » à propos des dates. « Si la rentrée de la Toussaint avait eu lieu un lundi, cela faisait entrer les enfants le lundi qui précède un jour férié [le 1er novembre]. On a gardé des semaines entières pour les vacances de Noël, d’hiver et de printemps. On était donc obligé de céder sur ce point », précise la ministre.

Le calendrier des vacances scolaires peut-il changer sous la pression des détracteurs ?

A priori, non. Toujours mercredi, la ministre Najat Vallaud-Belkacem a assuré à la radio que « le calendrier ne changera pas ». « Tous les acteurs étaient parfaitement d’accord quand cela a été décidé », a ajouté la ministre de l’Education nationale, qui a confirmé que « le calendrier a été voté en l’état pour trois ans, et il ne changera pas ».

La ministre ménagerait-elle les syndicats d’enseignants ?

L’hypothèse est soulevée par Le Monde. Pour commencer les vacances de la Toussaint le vendredi 14 octobre au soir, et afin de respecter le rythme de sept semaines de cours, la rentrée scolaire aurait dû avoir lieu le lundi 29 août. Cette date a été proposée en 2014 par Vincent Peillon, alors ministre de l’Education nationale. Mais elle s’est heurtée à deux préavis de grèves lancés par le Syndicat national des enseignements de second degré (SNES-FSU), principal syndicat des collèges, et le Syndicat national des lycées et collèges (Snalc)… L’idée a été abandonnée.

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