Salah Abdeslam a refusé de se rendre à un interrogatoire début juillet

JUSTICE Son avocat avait avancé que son silence était lié à « cette vidéosurveillance dont il ne veut plus »…

20 Minutes avec AFP
— 
Photo d'archives de Salah Abdeslam, diffusée le 15 novembre 2015 par la police française dans le cadre d'un appel à témoins.
Photo d'archives de Salah Abdeslam, diffusée le 15 novembre 2015 par la police française dans le cadre d'un appel à témoins. — POLICE NATIONALE / AFP

Salah Abdeslam continue de garder le silence. Le suspect-clé dans l’enquête sur les attentats du 13 novembre, a refusé de se rendre à un interrogatoire du juge antiterroriste début juillet, après être resté silencieux lors d’une audition en mai, a appris ce mercredi l’AFP de sources proches du dossier.

Ce refus est intervenu le 7 juillet, alors que son avocat, Frank Berton, s’apprêtait à demander au tribunal administratif de Versailles, puis au Conseil d’Etat, qui l’ont débouté, de suspendre le dispositif de vidéosurveillance continue de sa cellule à la prison de Fleury-Mérogis.

Son silence lié à ces conditions de détention ?

Selon l’une des sources, le juge d’instruction a dressé le 8 juillet un procès-verbal de non-comparution, mentionnant qu’Abdeslam avait refusé d’être extrait de sa cellule pour répondre à l’interrogatoire prévu le même jour. La veille, il avait notifié ce refus sur une feuille de papier, a précisé la même source.

Contacté mercredi par l’AFP, Me Berton n’a pas souhaité faire de commentaire. Le 28 juillet, devant le Conseil d’Etat, il avait lié son silence à « cette vidéosurveillance dont il ne veut plus ».

>> A lire aussi : Salah Abdeslam à Fleury-Mérogis, télé-réalité et surveillance totale

Seul des dix membres des commandos du 13 novembre encore en vie, Salah Abdeslam, 26 ans, avait déjà refusé de répondre aux questions du juge d’instruction, dans son bureau, le 20 mai.

Arrêté le 18 mars dans la commune bruxelloise de Molenbeek, où il a grandi, après quatre mois de cavale, il a été mis en examen en France notamment pour assassinats terroristes.

Un rôle qui reste à déterminer

Une part de mystère entoure son rôle exact le soir des attaques. Après avoir convoyé en voiture les trois kamikazes du Stade de France, deux Irakiens partis de Syrie, et un Français de 20 ans, Bilal Hadfi, il s’est garé dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Il semble avoir erré durant la nuit, avant d’être récupéré par deux amis partis de Bruxelles pour l’exfiltrer en Belgique.

>> A lire aussi : Après les attentats, Salah Abdeslam aurait partagé un McDo et des joints avec des lycéens

Il a abandonné une ceinture explosive, laissant supposer qu’il devait lui aussi mener une attaque suicide pendant que ses complices semaient la mort sur des terrasses de café ou au Bataclan. Les attaques ont fait 130 morts et des centaines de blessés.

Proche d’Abdelhamid Abaaoud, organisateur présumé des attaques et tueur des terrasses, Abdeslam a aussi eu un rôle de logisticien, louant des véhicules et des planques en région parisienne. Les enquêteurs pensent aussi qu’il a eu un rôle dans l’acheminement de djihadistes en Europe.