Crise du lait: Stéphane Le Foll prend la défense des producteurs face à Lactalis

AGRICULTURE Pour le ministre de l’agriculture, il n’est « pas acceptable » que Lactalis propose le prix le moins cher du marché…

G. N. avec AFP

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Stéphane Le Foll, le ministre de l'Agriculture, lors d'un comice agricole à Mareil-en-Champagne, samedi 27 août.
Stéphane Le Foll, le ministre de l'Agriculture, lors d'un comice agricole à Mareil-en-Champagne, samedi 27 août. — JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Stéphane Le Foll monte au créneau dans la crise du lait. Le ministre de l’Agriculture a ainsi affirmé samedi que le groupe Lactalis ne pouvait pas « payer le prix du lait le plus bas de toutes les laiteries en France », après l’échec des négociations vendredi.

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«Lactalis est le numéro un mondial des produits laitiers, c’est une laiterie qui, en France, paye le litre de lait le plus bas de toutes les laiteries françaises, ça je l’ai dit et je le répète, je considère que ce n’est pas acceptable et qu’il doit y avoir de la part de Lactalis l’effort qui consiste à se mettre au niveau de tous les autres, il n’y a pas de raison que Lactalis soit en deçà », a déclaré Stéphane Le Foll à des journalistes, lors d’un comice agricole organisé dans la Sarthe.

Pas de moyen de pression sur Lactalis

« Ce qui a été dit sur le fait que les prix ailleurs en Europe sont plus bas, c’est vrai, mais en France on valorise le lait d’une manière différente, on transforme le produit laitier avec des produits qui ont plus de valeur ajoutée, donc le prix payé au producteur peut être supérieur », a-t-il souligné.

A la question de savoir si l’État disposait d’un moyen de pression sur Lactalis, Stéphane Le Foll a répondu que « non ». « Est-ce que je peux mettre la pression sur un acteur industriel ? Je ne peux pas. […] Je ne peux pas négocier les prix à la place des acteurs économiques ou alors il faut dire qu’on est dans une situation où les prix sont décidés par le ministre », a-t-il indiqué, ajoutant qu’il pouvait seulement pousser « pour que les gens négocient ».

A propos du désespoir des éleveurs et des mesures qui pourraient être mises en œuvre pour les accompagner vers une sortie de la production laitière, Stéphane Le Foll a répondu qu’il n’était « pas question de rentrer dans un grand système de restructuration de la production ». « Ce n’est la fin ni du modèle agricole français ni du modèle laitier français, il y a des moyens de s’adapter », a-t-il assuré.