Arrêtés «anti-burkini»: Malgré la suspension du Conseil d'Etat, certains maires persistent

JUSTICE Le Conseil d'Etat a suspendu ce vendredi l’arrêté dit « anti-burkini » pris le 5 août dernier par le maire de Villeneuve-Loubet...

L.C.

— 

Une femme en burkini, à Marseille, août 2016.
Une femme en burkini, à Marseille, août 2016. — AP/SIPA

La suspension de l’article 4.3 de l’arrêté dit « anti-burkini » de Villeneuve-Loubet a été prononcée ce vendredi par le Conseil d’Etat, plus haute juridiction administrative française. Cette décision ne s’applique qu’à la commune des Alpes-Maritimes dirigée par Lionnel Luca (LR), mais elle pourra faire jurisprudence si d’autres arrêtés similaires sont contestés devant la justice. Toutefois, parmi les 31 édiles ayant pris des arrêtés « anti- burkini », certains ont d’ores et déjà annoncé ce vendredi qu’ils maintiendraient l’interdiction de ce costume de bain intégral sur leurs plages.

A Villeneuve-Loubet, Lionnel Luca veut une loi

« Cette décision, loin d’apaiser, ne peut qu’attiser les passions et les tensions », a déclaré Lionnel Luca lors d’une conférence de presse à Villeneuve-Loubet ce vendredi. « Seule une loi peut désormais prévenir. Je m’y attacherai dès la rentrée en tant que parlementaire », a poursuivi le député Les Républicains de la sixième circonscription des Alpes-Maritimes.

Cette décision « considère donc qu’un maire ne saurait prévenir les troubles à l’ordre public, mais devrait les subir, pour être fondé… à réagir ; comme en Corse ! […] La justice est rendue au nom du peuple Français mais ce sont les représentants du peuple Français qui font la loi », a-t-il ajouté dans un communiqué.

>> A lire aussi : Arrêté «anti-burkini»: Que va changer la suspension du Conseil d'Etat?

Le maire de Fréjus ne suspend pas son arrêté

« Je ne suspends pas mon arrêté municipal pour le moment (…) et il sera probablement valable jusqu’à son terme le 12 septembre », a déclaré sur iTélé le maire de Fréjus David Rachline (FN), qui a signé l’interdiction le 19 août. L’édile a également réclamé une extension de la loi de 2004 « pour permettre de bannir les signes religieux ostensibles dans l’intégralité de l’espace public ». « Cette décision du Conseil d’Etat est extrêmement inquiétante et regrettable », a-t-il poursuivi.

>> A lire aussi : Arrêtés «anti-burkini»: Les maires entre réaction, principe de précaution et récupération

Pas de suspension à Mandelieu-la Napoule non plus

Le maire Henri Leroy (LR) a également déclaré qu’il maintiendrait son arrêté « anti-burkini », en soulignant sur iTélé que la suspension prononcée par le Conseil d’Etat concerne uniquement Villeneuve-Loubet. « J’ai pris cet arrêté en 2013, a-t-il rappelé, parce qu’il y avait eu sur la plage du Château des affrontements entre des citoyens et des personnes qui se baignaient habillées ».

« L’application du dit arrêté n’a engendré aucune polémique ni aucune difficulté d’application depuis 2013 », a également expliqué le maire de la commune dans un communiqué.

A Nice, « la mairie va continuer à verbaliser »

« La mairie de Nice va continuer à verbaliser » les femmes portant un burkini, tant que son arrêté n’est pas invalidé, a également expliqué ce vendredi la commune.

Pas de retrait à Sisco

Ange-Pierre Vivoni, le maire socialiste de Sisco (Haute-Corse), a lui aussi fait savoir qu’il maintenait son arrêté « anti-burkini », pris au lendemain d’une violente rixe dans sa commune à la mi-août. « Mon arrêté n’était pas de la prévention, je l’ai pris pour la sécurité des biens et personnes de ma commune, je risquais d’avoir des morts ! », a-t-il dit à l’AFP.