Arrêté anti-burkini suspendu: Droite et extrême droite réclament « une loi », la gauche soulagée

POLITIQUE Plusieurs élus de droite souhaitent légiférer et proposer une loi d’interdiction du vêtement de baignade à l’échelle nationale…

H. B.

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Une femme porte le burkini (image d'illustration).
Une femme porte le burkini (image d'illustration). — AFP

Le débat enflammé autour du burkini continue d’agiter la sphère politique. Après la décision ce vendredi du Conseil d’Etat de suspendre l’arrêté d’interdiction de cette tenue de baignade, plusieurs personnalités politiques ont réagi sur les réseaux sociaux.

A droite et à l’extrême droite, nombreux sont ceux qui réclament désormais une loi d’interdiction. « Il faut que le Parlement prenne ses responsabilités (…) avec Eric Ciotti, nous allons préparer une proposition de loi pour sécuriser les décisions des maires interdisant le burkini », a réagi Guillaume Larrivé, député Les Républicains de l’Yonne, faisant écho à un tweet d’ Eric Ciotti appelant à « légiférer ».

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« Au législateur maintenant d’être responsable »

Pour Eric Woerth, soutien de Nicolas Sarkozy ou Jean-François Copé, candidat à la primaire de droite et du centre, « cette question doit être réglé par la loi ».

Un point de vue partagé par le Front national. Le député frontiste Gilbert Collard réclame « vite une loi pour l’interdire ».

Tout comme le porte-parole du parti Florian Philippot qui demande « au législateur maintenant d’être responsable et d’interdire ce vêtement d’apartheid ! ».

La présidente du Front national, Marine Le Pen, a quant à elle jugé « regrettable » la décision du Conseil d’Etat et a également appelé ce vendredi le « législateur » à « prendre ses responsabilités ».

« La décision du Conseil d’Etat sur un arrêté municipal anti-burkini est évidemment regrettable mais pas très surprenante », a-t-elle estimé dans un communiqué. « Pour lutter contre le communautarisme, pour protéger les femmes, pour affirmer la laïcité et notre mode de vie, le législateur est seul habilité à agir », a-t-elle ajouté. Selon elle, le législateur français « doit faire voter au plus vite une loi d’extension de la loi de 2004 à l’école, pour bannir les signes religieux ostensibles dans l’espace public (hors personnel religieux). Le burkini en fera évidemment partie ».

Le maire d’extrême droite de Béziers, Robert Ménard, a quant à lui tweeté : « L’Etat de droit nous mènera à l’état de drame ».

Même son de cloche du candidat à la présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan qui déclare : « Si on accepte le #Burkini aujourd’hui, on finira avec la charia demain ! »

La gauche soulagée, Cazeneuve appelle à l’apaisement

A gauche, le climat est au soulagement. Pour Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, le Conseil d’Etat a pris « une sage décision » qui « vient mettre un terme, espérons le définitif, à une polémique qui n’a qu’un seul but : stigmatiser une partie de la population au prétexte de sa religion ». Esther Benbassa, sénatrice écologiste du Val-de-Marne s’est également réjouie de la décision du Conseil d’Etat.

De son côté, le député PS Yann Galut, affirme que « la décision du Conseil d’Etat confirme que l’affaire du #Burkini est une opération politicienne montée de toutes pièces par la droite dure et malheureusement soutenue par Manuel Valls ».

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Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a quant à lui appelé ce vendredi à « l’apaisement ». « Il appartient désormais à chacun de rechercher dans la responsabilité l’apaisement, qui seul est de nature à éviter les troubles à l’ordre public et à conforter le vivre-ensemble », a affirmé le ministre dans un communiqué, en prenant « acte » de la décision de la haute juridiction administrative.