Logement: En France, plus de 23.000 foyers vivent dans moins de 9m²

IMMOBILIER Selon «Le Figaro», la majorité de ces «micro-logements» se concentre en Île-de-France et plus particulièrement à Paris...

20 minutes avec agence

— 

Leila, 55 ans, vit depuis 15 ans dans 4 m2 à Paris.
Leila, 55 ans, vit depuis 15 ans dans 4 m2 à Paris. — D.Bancaud

23.000 ménages. C’est le nombre de ménages qui, en France, vivent dans un logement de moins de 9m². Selon Le Figaro qui tient ce chiffre du ministère du Logement, 7.000 d’entre eux vivraient dans ces minuscules pièces illégales en Île-de-France et plus particulièrement à Paris.

Tout propriétaire doit fournir un logement décent

Pourquoi « illégales » ? Parce qu’un décret datant de 2002 et issu de la loi SRU (solidarité et renouvellement urbains) souligne que tout propriétaire doit fournir un logement décent, répondant à des critères de surface et de confort minimum. Ainsi, le logement doit « disposer au moins d’une pièce principale ayant soit une surface habitable au moins égale à 9 mètres carrés et une hauteur sous plafond au moins égale à 2,20 mètres, soit un volume habitable au moins égal à 20 mètres cubes », rappelle le quotidien.

>> A lire aussi : Aix-en-Provence: Une plateforme téléphonique pour le mal-logement

Reste que ces « 23.000 » sont l’illustration parfaite de ce 10e rang obtenu par la France en matière de mal logement dans l’Union européenne. Et ce, même si l’Hexagone a gagné deux places par rapport à 2015 « grâce à son système de logement social et d’allocations logement, qui lui permet de connaître un taux particulièrement faible de ménages en taux d’effort excessif (plus de 40 % des revenus consacrés au logement) », indique la Fondation Abbé Pierre, qui a publié ce vendredi son classement établi avec la Fédération européenne des associations nationales travaillant avec les sans-abri.

Ce triste palmarès est élaboré à partir des données Eurostat sur le coût du logement, les ménages en situation d’impayés, de difficultés de chauffage, de suroccupation et d’insalubrité. « Et la France est moyenne en matière de suroccupation, de précarité énergétique et de privation sévère de logement et affiche un taux élevé de ménages en impayés », résume encore la Fondation Abbé Pierre.

« Ces très petits logements permettent de loger très petitement des personnes seules »

Parmi les bons élèves, le Luxembourg et l’Irlande. En revanche, le Royaume-uni perd huit places et se retrouve à la 20e position, « notamment en raison des coupes budgétaires sur les allocations logement ». A la 28e et dernière place figure la Grèce « dans une situation sociale cauchemardesque ».

>> A lire aussi : Fondation Abbé Pierre: Leïla vit depuis 15 ans dans 4 m2

Pour rappel, la Fondation Abbé Pierre avait alerté au début de l’été les pouvoirs publics sur la problématique des micro-logements en France. L’organisme assurait que seule une « cinquantaine d’arrêtés préfectoraux interdisaient ces pièces à l’habitation chaque année à Paris ». La préfecture d’Île-de-France a, elle, fait savoir au Figaro que la « taille seule du bien ne permettait pas de considérer un logement comme inhabitable » et que « ces très petits logements ont le plus souvent été aménagés et permettent de loger très petitement, mais correctement, des personnes seules ».