Affaire Merah : Le père d’une victime rencontre le frère du «tueur au scooter»

SOCIETE Albert Chennouf-Meyer, le père d’une des victimes de Merah, a accepté de rencontrer le frère aîné du terroriste, à la demande de ce dernier…

H.M.

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A la Halle aux grains de Toulouse, le 19 mars 2014, lors de la cérémonie en hommage aux victimes de Mohamed Merah.
A la Halle aux grains de Toulouse, le 19 mars 2014, lors de la cérémonie en hommage aux victimes de Mohamed Merah. — Fred Lancelot / SIPA

Une longue poignée de main échangée dans un café situé près de la gare de Nîmes et un dialogue aussi respectueux qu’inédit. Cette rencontre émouvante a eu lieu le mardi 23 août entre Albert Chennouf-Meyer - le père du soldat Abel, abattu par Mohamed Merah le 15 mars 2012 à Montauban - et Abdelghani Merah, le frère aîné du « tueur au scooter ».

Tenu secret jusqu’au dernier moment pour des raisons de sécurité, cet échange a été révélé et filmé par le quotidien régional Midi Libre.

Ce dialogue a eu lieu à la demande d’Abdelghani Merah qui avait écrit aux familles des victimes de son frère pour leur présenter ses condoléances. L’aîné des Merah, en rupture avec les siens, a dénoncé depuis le début les tueries de son cadet. Il est désormais engagé dans le milieu associatif pour lutter contre la radicalisation des jeunes.

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Quant à Albert Chennouf-Meyer, qui n’a pas l’habitude de mâcher ses mots ou de garder ses récriminations pour lui, il vient d’obtenir devant le tribunal de Nîmes la condamnation de l’Etat dans l’affaire Merah, arguant que le terroriste, connu des services de renseignement, aurait dû être mieux surveillé.

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Mais son animosité légitime, Albert Chennouf-Meyer la réserve à la classe politique. « Je n’attends pas de pardon car vous n’êtes pas responsable. J’ai beaucoup de respect pour vous », a-t-il notamment confié à Abdelghani Merah durant cet entretien.

Un autre frère sur le banc des accusés

Entre le 11 et le 19 mars 2012, Mohamed Merah a tué sept personnes dont trois enfants à l’école juive Ozar Hatorah. Il a été abattu par le Raid lors du siège de son appartement toulousain. Son frère, Abdelkader Merah, ainsi qu’un ami d’enfance, Fettah Malki, ont été renvoyés pour complicité devant la Cour d’assises spéciale de Paris dans le cadre de ce dossier terroriste.