Patrouilles «anti-burkini» sur la Côte d'Azur: Cazeneuve met en garde contre la «stigmatisation» des musulmans

RELIGION Le ministre de l’Intérieur a réagi après les photos du contrôle sur une plage de Nice d’une femme voilée qui a suscité une vague d’indignation sur les réseaux sociaux et dans la presse étrangère…

20 Minutes avec AFP

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Le ministre de l'Intérieur, à l'issue de la rencontre réclamée par président du Conseil français du culte musulman (CFCM) Anouar Kbibech.
Le ministre de l'Intérieur, à l'issue de la rencontre réclamée par président du Conseil français du culte musulman (CFCM) Anouar Kbibech. — MATTHIEU ALEXANDRE

Bernard Cazeneuve ne veut pas de « stigmatisation » des musulmans. « La mise en œuvre de la laïcité et la possibilité de prendre ces arrêtés ne doit pas conduire à des stigmatisations ou à l’antagonisation des Français les uns contre les autres », a jugé le ministre de l’Intérieur, à l’issue de cette rencontre réclamée par le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) Anouar Kbibech.

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Les photos du contrôle mardi d’une femme portant un foulard turquoise et une tunique, publiées par le Daily Mail, ont provoqué une réunion en urgence entre gouvernement et responsables musulmans, sur fond de polémique autour des arrêtés dits « anti-burkini » pris dans une trentaine de communes.

Le CFCM « rassuré par l’engagement pris par le ministre »

Le président du CFCM, Anouar Kbibech, qui a réaffirmé « l’attachement des musulmans de France aux valeurs de la République », s’est dit « totalement rassuré par l’engagement pris par le ministre (d’être) dans un État de droit », à l’issue de l’entretien.

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« Comme l’a indiqué le Premier ministre », « il peut être pris des arrêtés en cas de troubles à l’ordre public, mais ces arrêtés doivent être pris dans un cadre où les mesures sont rigoureusement proportionnées et permettent de faire cesser ou de prévenir les troubles à l’ordre public », a jugé Bernard Cazeneuve, qui a renvoyé sur le fond au Conseil d’État.

La plus haute juridiction administrative française se penchera ce jeudi sur l’arrêté « anti-burkini » de Villeneuve-Loubet avec pour délicate mission d’évaluer, une fois pour toutes, la légalité de ces interdictions.